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Trésor d'archives : document du mois de mars 2016

03 mars 2016
50e anniversaire de la Maison de la Culture
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Impulsées par André Malraux, alors Ministre d’Etat en charge des Affaires culturelles, les Maisons de la Culture participent à la décentralisation et démocratisation culturelles voulues par le décret du 24 juillet 1959, créant ce tout nouveau ministère en lui donnant « la mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de français ».
La maison de la culture d’Amiens est la première construite en France. Réalisée par les architectes Pierre Sonrel, assisté de Jean Dutilleul, et de Bernard Gogois, elle participe à la modernisation du quartier composé des ISAI Faidherbe et des équipements sportifs de l’actuel Coliseum. Son coût s’élève à l’époque à 12 650 000 francs (participation de l’Etat et souscription d’un emprunt).
Ouverte dès 1965, elle est inaugurée officiellement à Amiens le 19 mars 1966, en présence d’André Malraux, de Maurice Vast, Maire d’Amiens et de R. Richard, président de l’association de la Maison de la Culture d’Amiens. Car la Maison de la Culture est gérée par une Association loi de 1901 jusqu’en 2005 où elle prend le statut d’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC). Une convention de mise à disposition du bâtiment est d’ailleurs passée dès 1965 entre la ville d’Amiens et l’association.
Ce 19 mars 1966, à Amiens, sur le parvis de la Maison de la Culture, le ministre est accueilli par Maurice Vast, R. Richard et Philippe Tiry, directeur de la Maison de la Culture. Il salue les hautes personnalités de la région, ainsi que les membres du conseil d’administration de la MCA, puis passe en revue un détachement du 51e régiment d’infanterie avec le drapeau que lui présente le général Beaulieu.
Toujours dans une optique de démocratisation culturelle, l’établissement a fait venir des sculptures d’Henri Laurens présentées sur le parvis aux côtés de « la Demeure » d’Etienne Martin, mais également dix chefs d’œuvre en provenance du Louvre (Van Gogh, Cézanne, Delacroix, Renoir, Fragonard, Lorrain, Poussin, Corot et Manet) et installés au rez-de-chaussée de l’établissement. Le ministre continue ensuite sa visite par le petit théâtre, la cafétéria, les salles d’exposition, la discothèque et la bibliothèque.
Arrivés dans le grand théâtre, où près de mille personnes sont déjà installées, Maurice Vast prend la parole et émet ce vœu : « Puisse la Maison de la Culture, ajoutées aux réalisations déjà faites et à celles que nous ferons encore, contribuer au bonheur de nos concitoyens, à la prospérité de notre ville et à son rayonnement à travers le pays tout entier. ».
R. Richard prend ensuite la parole et résume en quelques mots le rôle de la Maison de la Culture : « Ici, c’est la confrontation jusqu’à la contestation. »
Le ministre prononce ensuite son discours, dont les premières phrases ont marqué les esprits : « Excellence, Messieurs les Maires, Mesdames, Messieurs, Voici dix ans que l’Amérique, l’Union soviétique, la Chine et nous-mêmes essayons de savoir ce qui pourra être autre chose que la politique dans l’ordre de l’esprit. Ici, pour la première fois, ce que nous avions tenté ensemble est exécuté et nous pouvons dire que ce qui se passera ce soir se passe dans le domaine de l’Histoire. […] ».
A la fin de ces trois discours, les personnalités sont attendues dans le pavillon du Zodiaque de l’Hôtel de Berny, où une réception offerte par la ville les attend. La soirée se termine à la Maison de la Culture où les mille invités, le ministre et ses hôtes assistent à la représentation de « Macbeth » de Shakespeare, par la Compagnie dramatique « La Guilde », troupe du théâtre de l’Est parisien.