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RESEAU DE CHALEUR : UN CHEQUE EN BLANC ?

Le réseau de chaleur municipal sera absorbé par une SEMOP, c’est-à-dire une nouvelle forme de partenariat public-privé : ainsi en a décidé la majorité de Brigitte Fouré.

C’est un tournant pour le service public de la chaleur qui a subi un coup d’arrêt de trois ans pour des raisons idéologiques. L’extension de la capacité de production et du réseau pouvait très bien être lancée lors de l’arrivée de la droite à la tête de la mairie : le dossier était prêt.

Alors que les SEM associent souvent des acteurs privés locaux, les partenaires des SEMOP sont des mastodontes économiques.
Les juristes soulignent de nombreuses incertitudes à propos de ce nouveau véhicule juridique (2014). En effet, pour maîtriser la SEMOP les collectivités minoritaires seront-elles capables de gérer une société et de penser en actionnaire, de comprendre l’ensemble des documents et informations (parfois très techniques) qui leur seront présentés, de faire vivre un partenariat avec un opérateur économique auquel il sera difficile d’imposer une stratégie ?

La mairie de droite s’illusionne sur sa capacité à gérer un enchevêtrement juridique de clauses et de conditions, particulièrement complexe. Pourtant, déléguer le service public implique de garder la maîtrise technique des dossiers pour assurer un contrôle. L’argument de la droite n’était-il pas de réduire les risques pour la collectivité ?

Est-ce le cas quand nous donnons, pendant 25 ans, les clefs de notre service public de la chaleur à un tel mastodonte ? Les tarifs de l’opérateur choisi sont les plus chers : 57,98 € (contre 51,30 € et 51,35 € le MW/heure pour les concurrents écartés). Vous avez dit sans risques pour la collectivité ?

Quand on sait que selon une enquête publiée par « Les jours », ce géant de l’énergie mondiale aurait défiscalisé pour près de 27 milliards d’euros au Luxembourg, il semble nécessaire de garder les yeux ouverts.

PASCALINE ANNOOT ET JACQUES LESSARD

12 décembre 2016