Patrimoine et histoire
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Les édifices successifs

Encore considéré aujourd’hui comme une prison, le Beffroi est à l’origine le symbole des libertés communales. Poste de guet contre l’incendie, il brûle par trois fois. Son joyeux carillon rythme la vie de la cité.

Les origines du beffroi
 

En 1113, les bourgeois d’Amiens enrichis par le commerce du drap se soulèvent contre le pouvoir tyrannique de leur comte. Aidés par l’évêque Geoffroy et le roi Louis VI, ils s’émancipent en 1117 et se constituent en Commune.

La bancloque

La cloche communale originelle

Une charte royale leur est octroyée et leur donne le droit d’ériger un beffroi dans lequel la cloche communale sera appendue. Nommée la bancloque, celle-ci permet de convoquer les échevins aux réunions ayant lieu à la Malmaison, d’alerter la population en cas de danger intérieur ou extérieur, et de rythmer les heures et la journée de travail.

Le lieu de la justice criminelle

Une prison

Au fil des siècles, l’édifice s’étoffe de manière à pouvoir abriter des geôles et accueillir les séances des échevins qui s’y assemblent pour rendre la justice criminelle.
Si la commune perd ce pouvoir en 1597, l’édifice continue quant à lui à servir de prison municipale puis de simple poste de police jusqu’en 1940.

L'ancêtre inconnu
 

Le premier beffroi d’Amiens est élevé à un emplacement qui correspond vraisemblablement à l’extrémité de la basse-cour du château comtal rasé en 1117. Cet état ancien nous est inconnu car sur ce point l’archéologie et les archives demeurent muettes. Ce n’est en effet qu’à la fin du 14e siècle qu’apparaissent dans les archives les premières mentions de travaux effectués sur un ouvrage de maçonnerie couvert de tuiles qui ressemble sans doute à ceux qui vont lui succéder, au même emplacement.

Le beffroi au 15ème siècle
 

La construction de la partie septentrionale du Beffroi

En 1410, l’Échevinage fait procéder à une restructuration complète de l’édifice, qui se trouve alors dans un état de total délabrement. Cette campagne de construction aboutit de façon certaine à la création de tout l’ensemble des pièces qui occupent encore aujourd’hui la partie septentrionale du monument.

Ses éléments architecturaux

On utilise pour le corps du bâtiment de la belle pierre provenant des carrières locales du quartier Saint-Maurice.
La couverture est réalisée sous la forme d’un haut comble de charpente, en pyramide cintrée à courbes et contrecourbes, que l’on recouvre d’abord de tuiles, puis d’ardoises. Cette toiture caractéristique apparaît sur des peintures d’époque, telles que les puys conservés au Musée de Picardie et la clôture sud du chœur de la Cathédrale. Cette charpente brûle en août 1562.

Le beffroi du 16ème siècle
 

La simplicité

De 1562 à 1576, la municipalité s’attache à remettre en état la partie de maçonnerie endommagée par l’incendie de 1562 afin qu’elle puisse supporter le nouveau comble qu’on envisage de dresser. L’édification de ce dernier commence en 1577 et les travaux se poursuivent jusqu’en 1581. La nouvelle pyramide est simplifiée : ses arêtes sont désormais rectilignes. Cette haute toiture d’ardoises apparaît sur nombre de gravures réalisées aux 17e et 18e siècles. Elle brûle à son tour en avril 1742.

Le beffroi du 18 ème siècle
 

L'alliance du médiéval et du classique

La destruction de 1742 donne aux architectes l’occasion de rompre résolument avec la tradition, très forte en Picardie, de la construction gothique.

Le campanile

Sur la base médiévale préservée mais un peu remaniée, ils dressent un campanile de pierre surmonté d’un dôme de charpente couvert d’ardoises et couronné par un lanternon. Le Beffroi ainsi conçu, sur les plans de l’architecte parisien Lefranc d’Étréchy repris par l’architecte local Beffara, acquiert sa physionomie composite, qui surprend encore de nos jours.

Le clocher

Pour soutenir le lourd clocher, les bâtisseurs renforcent les murs de la base par des voûtes intérieures en briques, qui viennent sans doute modifier profondément l’ancienne distribution des pièces.

Le dôme

En 1865, la municipalité fait recouvrir le dôme de plaques de cuivre. En mai 1940, un dernier incendie ravage toute la partie supérieure de l’édifice et le prive de son dôme. Celui-ci est reconstitué en 1990, sous la direction de l’architecte François Vasselle, restituant ainsi à ce monument aimé des Amiénois l’élégance de sa silhouette.