Patrimoine et histoire
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Visite intérieure

Des lieux modelés par l'histoire

Des mystères du 15ème aux lumières du 18ème siècle, la visite intérieure du Beffroi nous fait découvrir ses voutes, les cellules de la prison et les graffitis laissés par les prisonniers et d'autres salles. Pour remplir sa mission d'horloger, la visite intérieure du Beffroi permet aussi d'observer les cloches et carillons et le bourdon Marie-Firmine.

Des mystères du 15ème siècle aux lumières du 18ème siècle
 

Les voûtes

Pénétrant à l’intérieur du beffroi, le visiteur est toujours surpris par la structure intérieure. Pourtant, la destination des lieux remontant au 18e siècle est limpide. L’espace central superpose trois voûtes percées chacune d’un oculus en son centre pour hisser la cloche dans le campanile.

Les cellules et leurs graffitis

Il détermine, au rez-de-chaussée, une vaste salle et, aux étages, une galerie de circulation, sur lesquelles viennent déboucher les salles réparties aux quatre angles du monument. Celles situées au sud sont toutes des cellules. Leur datation tardive paraît assurée par les graffitis, dont aucun ne semble remonter au-delà du 18e siècle.
Au deuxième étage, les murs de quatre geôles sont parés de graffitis d’apparence médiévale.

Ode à la vie et à la mort

Sur les murs du Beffroi les occupants ont accumulé au fil des siècles des graffitis parfois profondément gravés dans la pierre. Ici voisinent les témoignages les plus divers : inscription historique relative à la prise d’Amiens par les Espagnols en 1597, souvenir du premier geôlier reprenant possession du Beffroi après l’incendie en 1752, poème d’amour, motifs religieux et expiatoires de condamnés à mort, représentations d’outils de métier… L’ensemble chante un hymne à la vie et à la mort, reflet de la grande et la petite histoire d’une cité.

Les cellules réservées aux pistoliers

Aux cellules « ordinaires » de l’est, très dépouillées, répondent à l’ouest les cellules réservées aux « pistoliers ». Ces détenus, bénéficiant d’un traitement de faveur moyennant le versement d’une pistole par semaine, disposent ici d’un relatif confort sous la forme d’une cheminée.*

Les salles

L’usage primitif des salles du 15e siècle, qui s’ouvrent au nord, demeure par contre plus énigmatique. Les recoupements opérés entre les mentions d’archives et la configuration actuelle de deux salles superposées dans l’angle nord-ouest permettent de les identifier de manière sûre.

  • La petite salle du rez-de-chaussée, munie d’une cheminée et d’une voûte à croisée d’ogives, est la cuisine du chépier ou gardien du Beffroi.
  • Au premier étage, la belle salle ornée de nervures plus élaborées et portant en leur centre les armes de la Ville d’Amiens, est l’Échevinage ou salle de réunion des échevins.
  • La salle voisine, pourvue d’une grande cheminée, garde par contre tout son mystère et divise les spécialistes : salle d’archives, salle des gardes, ou salle de torture ?

Enfin, il convient de signaler qu’à ces quatorze pièces hors sol viennent s’ajouter deux cachots souterrains, situés l’un à 3 m sous terre, l’autre à 4,50 m.

Troubles et fêtes
 

Les cloches et carillon

La vocation fondamentale du Beffroi est d’être un clocher communal.
À ce titre, il abrite jusqu’à quatre cloches au Moyen Âge. Celles-ci répondent à des usages précis : elles sonnent

  • le ban (les convocations, sonnées par la bancloque),
  • le tocsin,
  • et les heures.

Le bourdon Marie-Firmine

  • En 1753, un unique bourdon baptisé Marie-Firmine cumule ces fonctions. Fondu par la dynastie des Cavillier, fondeurs à Carrépuis, il pèse entre 7 et 11 tonnes, chiffre que retient la tradition.
  • L’arcade qui a été percée dans le mur sud et a permis son introduction dans le Beffroi indique sa hauteur et sa forme. Les 2,62 m de diamètre des oculi évoquent encore aujourd’hui ses 2,40 m de diamètre.
  • En mai 1940, la Marie-Firmine se fracasse dans l’incendie. Ses vestiges sont actuellement conservés dans les collections des Musées d’Amiens.

 

Le beffroi retrouve sa voix grâce à la création d'Amiens Métropole en 2000

  • Le Beffroi reste sans voix jusqu’en mars 2000. La création de la Communauté d’agglomération d’Amiens Métropole offre l’occasion d’installer dans la baie sud du campanile un carillon de 30 cloches.
  • Fondues par la manufacture Paccard près d’Annecy et installées par la société Mamias de Gagny, elles jouent du Fa 4 au Do 7 et atteignent un poids total d’un peu plus d’une tonne.
  • Le carillon sonne l’heure et les quarts d’heure, entre 9 h et 19 h. Il joue en outre des mélodies traditionnelles ou d’inspiration locale.

Le beffroi d'Amiens classé Monument historique

Le beffroi d’Amiens, inscrit depuis 1926 à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, a ainsi rejoint le grand concert des beffrois du nord de la France. Il est d’ailleurs classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco en juillet 2005 comme l’ensemble des beffrois du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie et Belgique.