Patrimoine et histoire
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La couleur au service d’une expérience esthétique inédite

Le spectre chromatique comme fil rouge
 

Contemporaine du plein essor de la chrétienté, l’Eglise médiévale domine tous les secteurs de la vie, de la pensée, de la connaissance, de la piété, de l’art. Le XIIIe siècle est un temps de réforme. L’Eglise simplifie la liturgie et fixe les rites. Elle institue un enseignement par l’image, une culture visuelle et utilise la couleur de manière massive et multiforme. La cathédrale, œuvre d’hommes pieux, concerne toutes les idées et les croyances d’une époque.

Lieu d’accueil et de prières, espace de prédication et d’enseignement, la cathédrale est un écrin de pierre dans lequel se mêlent tous les arts, toutes les couleurs peintes ou teintes, offrant partout des surfaces brillantes ou chatoyantes. Elle sert de décor à la liturgie : cérémonies, prières, chants, costumes sont autant d’éléments de décor que de symboles destinés à magnifier les messes. Toutes les images sont présentées aux fidèles pour les instruire. La cathédrale doit éblouir et enchanter notamment par la mise en scène d’un monde illusionniste, quasi surnaturel. La colorer renforce la beauté et le rayonnement symbolique de l’édifice.

La couleur est indissociable de l’identité de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens.

Chroma propose d’adopter cette fois, la couleur comme fil conducteur de ce nouveau spectacle au travers de la décomposition du spectre chromatique, une palette infinie de nuances pour proposer une évocation de l’histoire de la cathédrale et de la ville par la couleur.

Le bleu évoque le financement de la construction de la cathédrale par les marchands waidiers, permettant la teinture en bleu des sayetteries amiénoises ou encore les reflets de la Somme.

Le blanc suggère la lumière pure, la pierre vierge de tous pigments mais aussi les vêtements des ordres monastiques, du clergé.
Le jaune évoque l’or, l’éclat de la lumière et la royauté.
Tandis que le rouge peut tour à tour évoquer l’intensité d’un coucher de soleil en même temps que le sang purifiant et sanctifiant.
Le vert, bien que très présent dans la nature est particulièrement difficile à reproduire au moyen-âge. Il évoque la présence du végétal, d’un jardin généreux et luxuriant.
Enfin, le noir dramatise le monument, le rend ténébreux, graphique et mystérieux.
Ainsi, le nuancier devient le storyboard du spectacle et permet l’évocation de l’histoire d’un monument vivant.

Enfin, l’architecture gothique se prête à des jeux optiques troublants. Arcs brisés, quatre-feuilles, labyrinthe forment le vocabulaire foisonnant au service d’un voyage esthétique envoutant. Dépourvu de discours, ce spectacle propose un enchainement subtil de tableaux et d’images en mouvement. La musique quant à elle, accompagne l’immersion du spectateur et suscite instantanément l’émotion.
Une fois parcouru le spectre chromatique, une séquence participative clôt ces 20 premières minutes.