Patrimoine et histoire
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Visite extérieure

De la Commune à la République

Arborant une architecture néoclassique, l'hôtel de ville d'Amiens actuel vous fait découvrir l'iconographie communale et républicaine des abords du monument jusqu'à sa façade extérieure.

Les abords du monument
 

La place Léon Debouverie offre un retour aux sources de la commune. De la base massive du beffroi médiéval, émerge le campanile du XVIIIe siècle. L’ensemble contraste avec la nouvelle halle de frais, réalisée par François-Xavier Legenne en 1992. Celle-ci apporte, par le graphisme de ses courbes, un contrepoint à la raideur des immeubles de la reconstruction et à l’éclectisme de l’Hôtel des Postes construit par Émile Ricquier en 1883. La situation surélevée de la façade du Bailliage, par rapport à la rue Léon Blum, tient à son implantation sur l’ancien rempart gallo-romain.

La façade arrière
 

De ce côté, la façade de l’Hôtel de Ville superpose deux niveaux d’élévation de pierre blanche aux lignes néoclassiques. Sur le grand comble d’ardoises se découpent les lucarnes. Celles du centre s’unissent autour du blason de la Ville d’Amiens et du sceau dont la Commune s’est dotée au Moyen Âge. Contournant le bâtiment pour accéder à la cour d’honneur, on longe les façades latérales. Là, le contraste introduit par la brique annonce le changement d’époque.

Une architecture néoclassique
 

Le transfert de la grille d’entrée à la Hotoie, en 1992, libère l’accès à la cour d’honneur. L’usage de la brique pour les deux ailes assure le lien avec le corps du bâtiment ancien. La pierre, réservée aux pavillons latéraux, à la galerie et à son avant-corps*, offre une architecture plus riche empreinte de néoclassicisme. Ce parti pris esthétique s’exprime principalement dans le jeu des pilastres et colonnes et dans le recours aux bossages. La liberté des architectes dans l’emploi des ordres (dorique et corinthien notamment) ne retire rien à la hiérarchie de cette architecture représentative du XIXe siècle. Le choix des thèmes iconographiques et de leur position y prend une valeur particulière.

Une iconographie communale et républicaine
 

Comme pour encadrer les sujets les plus essentiels, c’est aux frontons des lucarnes des pavillons latéraux que figurent les thèmes allégoriques chers à l’époque : l’Industrie et la Science vis-à-vis de l’Histoire et des Beaux-Arts.

La cour d'honneur

Œuvre des sculpteurs Chatrousse, Fossé, Leroux, Printemps, et Sanson, la statuaire de la cour d’honneur glorifie l’histoire de la Commune et les valeurs de la République.

Le grand escalier

À la fois pour soutenir la pompe des cérémonies officielles et guider le regard au centre de la composition, le grand escalier joue un rôle stratégique. Il marque l’axe central de l’ensemble du monument. Ainsi, le frontispice semble symboliquement renforcé par les quatre statues en pied de la galerie : aux extrémités, deux échevins qui tentèrent de résister aux Espagnols lors de la prise d’Amiens en 1597, François de Blayries (à gauche) et Simon Le Mattre (àdroite) ; au centre, Charles-Florimond Le Roux, maire du XVIIIe siècle (à gauche) et Antoine Clabaut, mayeur du XVe siècle (à droite).

L'horloge

Au niveau supérieur, l’horloge est montée en lucarne sur la corniche où s’appuient les armes de la ville. De part et d’autre se détachent les statues assises de ceux qui ont permis la naissance de la Commune : l’évêque Geoffroy, à gauche, tient en main la charte communale ; le roi Louis VI, à droite, brise symboliquement les chaînes de l’oppression. Point de convergence des regards pendant des générations, l’horloge, ceinte d’un zodiaque, est flanquée de deux cariatides. Représentant respectivement la Force armée d’un glaive et la Vigilance munie d’un flambeau, elles soutiennent la République dont l’allégorie figure au fronton.