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Léane Maupin, pas encore 18 ans et un CV long comme une pelle d’aviron. Championne de France en skiff, elle rame quotidiennement mais au jour le jour. Sans penser aux JO... 

Elle skiff la vie  © Laurent Rousselin / Amiens Métropole
« Le stress, je gère. L’aviron m’a appris ça. Ça aide pour le bac »
© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

13.03.2019

JDA 906

Elle a la fraîcheur et la spontanéité de son âge. Elle qui porte haut les couleurs de la plus ancienne institution sportive de la ville : le Sport Nautique Amiénois créé en 1866. Sur les murs du club, dans ce bâtiment de bois posé sur l’eau – une réplique du siège originel de 1890 inaugurée en 1998 qui fait partie de la carte postale de Saint-Leu –, le visage d’une Léane Maupin radieuse, bronzée et dorée par ses médailles s’affiche. Trois grandes photos, parmi toutes celles des autres champions de ce club séculaire, dominent les fanions tricolores des titres de championne de France auxquels ils réfèrent.

 

EN SOLO

Belle carrure. Ongles longs soignés, « ça ne me gêne pas avec la rame. Le plus dur est d’éviter les cloques sur les paumes et les doigts ». Léane Maupin fêtera ses 18 ans le 20 avril. Et sans doute quelques victoires d’ici là, alors que la saison sur bateau reprend après un hiver passé sur l’ergomètre, ce rameur électrique d’intérieur. La spécialité de Léane, c’est le skiff, ce bateau court et solo qui lui a fait décrocher les titres de championne de France (en minime et en cadette) et une cinquième place (en junior) aux championnats d’Europe en mai 2018, à Gravelines.

 

LA COMPÉT’ ET LA GLISSE

Au départ, on parlait de la fratrie Maupin. Louis, de quatre ans son aîné, a depuis raccroché les rames. Il était déjà au SNA quand Léane, petite collégienne à La Salle, fait une initiation avec sa classe. Elle accroche. Ce qu’elle aime ? « La compétition, la sensation de glisse, les rencontres, l’opportunité des voyages » qui l’ont déjà fait bourlinguer dans tout l’Hexagone, et en République tchèque l’été dernier pour les championnats du monde junior.

 

LE BAC EN JUIN...

Depuis septembre, fini le pôle espoir à Amiens. À l’échelle des Hauts-de-France, c’est désormais Armentières qui regroupe les futurs cadors de l’aviron. Léane a eu le droit de rester au bercail. « Je ne voulais pas bouger d’Amiens, j’ai mes études... » Le bac ES, en juin, pour cette élève du Sacré-Cœur puis une licence de Staps ou de sciences de l’éducation l’année prochaine. Sans stress. « Non, je gère. L’aviron m’a appris ça, je pense. Ça aide pour le bac », lâche-t-elle dans un sourire éclatant qui ne trahit rien des entraînements quotidiens, des séances coincées entre deux cours.

 

... ET LE JAPON EN AOÛT ?

« Cette année, pas mal de potes ont arrêté pour réviser le bac. » Elle, elle avoue quelques moments de découragement. « Ça arrive pendant l’hiver. On enchaîne la musculation, l’ergo, la course à pied... C’est dur parfois de trouver la motivation. » Peut-être dans l’échéance des JO de Paris 2024, événement taillé pour sa génération ? « Franchement, je n’y pense pas. Je fais saison après saison. » Son regard, pétillant, est fixé sur une nouvelle sélection en équipe de France qu’elle ira chercher le 11 avril aux championnats de France pour pouvoir disputer ceux d’Europe en Allemagne en mai et les Mondiaux au Japon en août. « Mon passeport est en cours de fabrication. Au cas où, dit- elle sans vouloir trop s’engager. Bon... c’est vrai que si je n’y vais pas, je serai déçue. »

//Antoine Caux