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« Le féminisme doit encore relever la tête »

L’amiénoise Hélène Strag cosigne Le Manifeste des 343. Histoire d’un combat qui rappelle en BD la lutte pour la légalisation de l’avortement. Entretien avec cette ancienne de l’ÉNA qui partage son temps entre ici et Paris. 

« Le féminisme doit encore relever la tête » 1 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

04.11.2020

JDA 960

JDA : Comment est né Le Manifeste des 343 ?

 Hélène Strag : J’ai coécrit le scénario avec Adeline Laffitte, ex-rédactrice en chef adjointe d’Avantages. Elle avait repéré qu’en août 2020 le Mouvement de libération des femmes fêterait ses 50 ans. On voulait écrire une série ou un film pour la télé. Finalement, on a proposé un projet de BD à Sophie Chédru, chez Marabout, qui est allée chercher le dessinateur Hervé Duphot, auteur d’un livre sur Simone Veil.

« Le féminisme doit encore relever la tête » 2 © Hervé Duphot / Éditions Marabulles

© Hervé Duphot / Éditions Marabulles

 

L’ouvrage nous replonge dans les luttes pour la légalisation de l’avortement.

 Nous avons beaucoup travaillé à la bibliothèque Marguerite-Durand à Paris où est conservé Le Manifeste des 343 (rédigé par Simone de Beauvoir, signé par 343 Françaises célèbres ou inconnues et publié par Le Nouvel Observateur le 5 avril 1971, ndlr)... C’était émouvant car certaines d’entre elles sont aujourd’hui décédées. Nous avons rencontré des “survivantes” comme Nicole Muchnik, héroïne de notre BD, qui habite aujourd’hui à Madrid, ou Anne Zelensky, la féministe historique.

 

Est-ce un livre militant ?

 Malgré sa légalisation en janvier 1975, l’avortement reste un sujet polémique. Nous souhaitions un livre de transmission pour montrer aux plus jeunes que rien n’est jamais acquis – on le voit régulièrement dans l’actualité comme en ce moment en Pologne. Les femmes ont pourtant droit à la même place que les hommes. Elles participent autant qu’eux aux progrès de la société.

 

Le 8 octobre, après des débats houleux, l’Assemblée a adopté
 en première lecture l’allongement du délai légal d’accès à l’IVG...

 Et l’Ordre des médecins s’y est opposé. On peut comprendre ses arguments mais les moyens insuffisants créent des difficultés. Ça rappelle l’époque où les femmes qui avaient dépassé les douze semaines partaient à l’étranger pour avorter. Mais c’est leur corps et c’est à elles de décider. Simone Veil disait qu’on ne fait jamais ça de gaieté de cœur. Face au patriarcat, le féminisme doit encore relever la tête.

 

Cette BD était-elle votre premier projet d’ampleur ?

 Jusqu’à présent, je n’avais écrit que pour des courts-métrages et Adeline Laffitte pour des dessins animés. Cette BD nous crédibilise. À présent, je voudrais réaliser un film. Le scénario est achevé. Il faut maintenant convaincre les producteurs. Mon travail est toujours lié au féminisme : il faut donner aux femmes le rôle qui leur revient.

//Propos recueillis par Ingrid Lemaire

 

Le Manifeste des 343, d’Hélène Strag, Adeline Laffitte et Hervé Duphot (éditions Marabulles)