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Le 29 janvier à la Lune des pirates, Tai Z défendra sa place pour les inouïs du Printemps de Bourges. Et si l’avenir du rap français passait par Amiens ?

À flow continu © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
«Depuis mes 6 ans, je veux être rappeur »
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

22.01.2020

JDA 936

Son nom ? Un clin d’oeil à Taz, personnage de dessin animé zieuté enfant à la télé. À 20 ans, Tai Z affiche la même énergie que le célèbre diable de Tasmanie. Tournages de clips, compositions de morceaux… le Camonois se donne à fond. De l’ambition, il en a à revendre. Mais sait aussi que pour atteindre le sommet, le talent ne suffit pas. « Le travail, c’est la clef. Mais je manque encore d’assiduité », sourit l’artiste né Thomas Shumbusho. Pour lui, la vie a démarré sur les chapeaux de roue. À 14 ans, il remporte un concours lancé par le rappeur Guizmo. Le prix : un set en live sur les ondes de la radio Skyrock à Paris. Accompagné de l’un de ses trois frères et d’un ami, il prend le micro sans vaciller et triomphe. Le label indépendant Y&W est séduit. Bingo ! Il signe un contrat de cinq ans et rejoint le même producteur que Nekfeu et S-Crew. « Sans ce contrat, ma mère m’aurait interdit de poursuivre dans ce milieu. Je donnais des mini-concerts dans la cour de l’école en jouant à la star du coin, c’est tout. »

 

LES PIEDS SUR TERRE
En 2016, l’ado sort son premier single, Sac à dos, et un clip tourné à Los Angeles. « J’étais comme un fou ! » Bingo (bis) ! Près de 1,5 million de vues sur YouTube. Il enchaîne ensuite un EP puis un autre. Le succès aurait pu lui monter à la tête, sa maturité l’en a préservé. En parallèle, il poursuit ses études à Amiens et décroche son bac. Passage éclair par la fac avant de migrer vers Paris pour se consacrer à sa musique. « Depuis mes 6 ans, je veux être rappeur. Booba, Eminem, 50 Cent, Lil Wayne… je regardais leurs clips. Mais ma toute première idole, c’était M.Pokora, un style unique à l’époque. » Pendant un an et demi, il travaille sur sa première mixtape et sort en mai 2019 Nokomotiv, 22 morceaux prouvant l’étendue de son talent.

 

HONORER SON GRAND-PÈRE
Aujourd’hui, l’artiste s’affirme. « Quand j’ai débuté le rap, j’étais plus sur de l’ego trip. Peu à peu, j’ai évolué vers un style plus mélodique. » Côté textes, il s’inspire de son vécu : le divorce de ses parents, le rejet, les fins de mois difficiles… « Au collège, je m’habillais comme pour un clip. J’avais pas de potes, j’étais trop différent. J’ai grandi sans entrer dans les cases. » Une singularité qui alimente sa force. À l’image de son identité amiénoise qu’il revendique dans un milieu parisien. « Niro est d’Orléans, Gradur de Roubaix et ils ont réussi à percer, sans renier leur ville natale. Moi, je suis d’Amiens et j’en suis fier. » Une fierté qu’il affiche aussi dans ses clips : Majeur, tourné sur le marché de Noël, ou le récent Ça pardonne pas où l’on croise des têtes connues, comme MB14. Prochaine étape : les auditions pour les Inouïs du Printemps de Bourges le 29 janvier à la Lune des pirates. Une opportunité pour honorer la mémoire de son grand-père : « C’est le premier à avoir cru en moi, je lui dois de réussir ». On croise les doigts.

//Stéphanie Bescond