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Sur son bureau, une flasque à whisky, des souvenirs de voyages et sa première plume. Libre et fort en gouaille, Dominique Zay, avec son parcours social et son univers polar, a élu domicile à Boves. 

À la pointe de la plume  © Laurent Rousselin / Amiens Métropole
Dominique Zay dans son bureau. L’auteur du Dernier des indomptés, dédié 
“à toutes les cités d’Amiens qui ici n’en font qu’une”, planche sur un nouveau roman noir.
© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

25.02.2015

JDA 749

Son allure de biker à belles bacchantes s’accommode fort bien d’une voix douce et d’un regard malicieux. Dominique Zay, 63 ans au compteur, dont plus de vingt passés peu ou prou à Amiens, depuis qu’il est tombé amoureux de Leitura Furiosa, cette action “littérature pour tous” menée par Le Cardan où il s’est investi, la joue brut de décoffrage : « Je ne suis pas une bonne sœur », clame-t-il. Versé dans la musique - « Jeune, j’apprenais à jouer d’un instrument par an »- il touche à tout. Rock, cirque, théâtre, scénarios, livres jeunesse, nouvelles et romans, il est un auteur au sens large. Mais il n’a « pas de patron, pas d’employé, pas d’horaires et pas de concession dans ses choix de vie », résume Danièle Catinon-La-zarewsky. Cette amie fidèle le considère « de la veine d’un Michel Audiard, adorant jouer des mots. Avec Dominique, il faut que jeunesse ne se passe pas. Il reste juvénile, enflammé, entier. » L’intéressé confirme : « En tant qu’auteur, tu es seul à décider. C’est exquis. Môme, j’inventais des histoires. À l’époque, j’étais puni. Maintenant, je suis payé ! ».

 

« UN COMBATTANT HONNÊTE ET GÉNÉREUX »

Comme le dit Vincent Aguano, de l’association Carmen, qui accueille son atelier d’écriture hebdomadaire, l’auteur de C’est toujours la faute à la femme à barbe, son dernier roman écrit pour sa mère qui réclamait « enfin un livre sans meurtre », sait « mettre les gens à l’aise et les faire puiser dans leurs émotions ». Depuis des années, Dominique Zay enchaîne donc les ateliers, souvent auprès d’un public « aux marges », comme il dit : prisonniers, gens du voyage... « D’Amiens, je n’ai connu pendant des années que la prison et les quartiers », se souvient le romancier qui, selon Jean Dancoisne, du Cardan, sait « transmettre ses passions sans les imposer, en combattant honnête et généreux ». Un combattant qui s’avoue un peu « voleur d’histoires » : « J’aime écouter les gens, les vies. Je suis allé voir un truand en Belgique pour qu’il me parle des changements d’identité. C’est devenu un pote ». Ce fan de Jim Thompson, Raymond Chandler, Dashiell Hammett ou Leo Mallet, féru des « moments où tout bascule », avoue que la création l’a sauvé : « Jeune, j’étais vraiment mal barré. Alors je veux rendre la pareille ». De cette enfance difficile avec un père trop absent, costumier au cinéma, il a retenu des anecdotes, dont la vision des seins dénudés de Liz Taylor alors qu’il lui apportait une perruque. « Hélas, j’étais trop jeune pour en profiter ! », rigole-t-il. Avec Dominique Zay, la vie est un roman.

//Jean-Christophe Fouquet

 

Dans ses cartons

Une BD avec Greg Blondin, Scélérats qui rackettent.


Un roman noir, bientôt achevé, où il regarde « le Diable dans la nature humaine ».

Deux pièces de théâtre qu’il veut libres parce qu’ « on s’en fout du quatrième mur ! ».