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Petite mais précieuse, en craie mais d'une valeur inestimable, une statuette féminine façonnée il y a vingt-trois mille ans a surgi dans le quartier Renancourt.

Amiens a sa Vénus © Irwin Leullier
L'Institut national de recherches archéologiques préventives, le service régional de l'archéologie de la Drac et le service d'archéologie préventive d'Amiens Métropole ont rendu possible cette campagne de fouilles.
© Irwin Leullier

03.12.2014

JDA 739

Le sous-sol amiénois révèle encore de belles surprises aux archéologues. En juillet dernier, une fouille programmée dans le quartier amiénois Renancourt, sur un site paléolithique découvert en 2011 au sud-ouest de la ville, a permis de mettre au jour une statuette féminine exceptionnelle d’époque gravettienne. Un grand bonheur pour Clément Paris, jeune archéologue à qui l’on doit cet inestimable trésor. « Cette pièce, sans doute éclatée par le gel, nous est d’abord apparue comme un amas de fragments, raconte ce préhistorien chargé de l’opération. En les nettoyant, on a remarqué que des parties étaient travaillées. Impatient, le soir, j’ai commencé à reconstituer les morceaux. C’est là que j’ai vu la statuette. » Onze centimètres de haut, en craie, avec des fesses et une poitrine proéminentes mais un visage et des membres à peine esquissés, cette Vénus a été façonnée il y a vingt-trois mille ans.

 

UNE PIECE UNIQUE
On sait peu de chose sur ces expressions symboliques de la femme et de la fécondité. Il n’en existe qu’une dizaine en France, essentiellement découvertes dans le sud-ouest, comme la célèbre Dame à la capuche trouvée à Brassempouy dans les Landes à la fin du XIXe siècle. La dernière fut découverte à Tursac en Dordogne en 1959. Pièce unique dans le nord-ouest de l’Europe, La Vénus de Renancourt, dont le style se rapproche davantage de figurines de même époque retrouvées en Europe centrale et en Russie, fera l’objet d’études. Tout comme les quelque  4 000 vestiges méticuleusement dégagés l’été dernier sur cet ancien campement de chasseurs. Silex taillés, restes osseux de cheval, éléments de parure… Sans la Vénus, ce site représentait déjà un intérêt majeur au niveau international. Il existe en effet peu de témoignages de la présence de l’homme dans le nord de la France à la fin de la dernière période glaciaire. « Les prochaines campagnes de fouilles s’annoncent prometteuses, sourit Clément Paris. Nous n’avons exploré que 9 m². » A terme, la Vénus amiénoise pourrait devenir l’une des pièces majeures des collections du Musée de Picardie.

// Coline Bergeon