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Partout en France, les étudiants alertent sur leurs difficultés que la pandémie a accentuées. À Amiens aussi, où leur densité est un atout de la ville. Et où se prépare déjà la rentrée 2021 malgré le contexte délicat.

Amiens, l’envie d’avoir amphi 1 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

03.02.2021

JDA 971

Le long couloir d’une résidence universitaire. Ici, derrière le beffroi, ils sont trois ce jour-là à frapper à chaque porte, avec leur imperméable orange siglé du service de santé publique de la Ville d’Amiens. Quand l’étudiant ouvre, le sourire est de mise : « De la visite ! Ce n’est pas si souvent ». Au « Comment ça va ? » introductif s’ensuivent des messages de prévention, l’occasion de nouer la conversation, d’écouter les problèmes. Ces brigades qui ont sillonné les résidences universitaires en novembre et décembre vont reprendre. « C’est un premier pas pour faire savoir aux étudiants qu’ils ne sont pas seuls, pour identifier leurs difficultés matérielles ou psychologiques, et que l’on puisse ensuite les réorienter vers une solution via le Crous ou un autre partenaire », explique Anne Pinon. La vice-présidente d’Amiens Métropole déléguée à l’enseignement supérieur devait rencontrer ce mercredi une délégation d’étudiants en compagnie d’Alain Gest, le président de l’agglomération. En ce début d’année, l’enseignement supérieur s’est invité dans l’actualité entre manifestations et sit-in. La crise sanitaire pèse sur cette jeunesse sevrée de cours en “présentiel”, isolée, parfois démunie financièrement. La reprise de travaux dirigés (les TD) pour les premières années et par demi-groupe a bien été décidée fin janvier. Un casse-tête. « Un étudiant peut venir en cours pour un TD mais si le suivant est en distanciel, il doit filer chez lui se connecter », illustre Paul Grégoire, président de la Fédération des associations étudiantes picardes.

 

L’ÉPICERIE SOCIALE TRÈS SOLLICITÉE

La Faep, syndicat étudiant majoritaire au sein de l’université de Picardie Jules-Verne, estime que « la pandémie, avec l’arrêt des cours en présentiel, a exacerbé les difficultés déjà existantes ». La preuve : son épicerie sociale Agoraé (11, rue des Francs-Mûriers) a distribué jusqu’à 350 paniers par semaine pendant le confinement contre « 27 avant »… Les initiatives solidaires se sont multipliées (lire ci-dessous) comme celle de L’Île aux fruits qui est allée récemment distribuer tisanes et crumbcakes à la citadelle. Les temps sont durs. Thomas ne fait plus ses extras en tant que serveur. À l’inverse, Océane a « lâché la fac » pour bosser dans la distribution : « Les cours, c’était tellement en pointillé… Mais je m’en veux ». Dans sa résidence, « des voisins sont partis ». Le Crous – Centre régional des œuvres universitaires et scolaires – confirme. Mais note aussi des retours. Ceux qui ne sont pas rentrés chez leurs parents demeurent dans le flou.

 

DES VOYANTS AU ROUGE

« Sur la santé mentale, les voyants sont au rouge », alerte une étude de l’Aduga. À la demande d’Amiens Métropole, l’Agence de développement et d’urbanisme du Grand Amiénois a réalisé une enquête sur les conditions de vie des étudiants qui vient d’être communiquée. On y lit que, « par rapport à celle menée en 2015, [les étudiants] sont plus nombreux à déclarer s’être sentis épuisés, stressés et avoir rencontré des problèmes de sommeil ». Cette enquête va aider la collectivité dans la rédaction de son schéma de l’enseignement supérieur 2021-2026. « Ce schéma prend forcément une tournure particulière avec la crise sanitaire, sait bien Anne Pinon. Il y a des profils sur lesquels on doit amplifier nos actions, ceux qui ont déjà des difficultés. » Le précédent schéma (2017-2020) avait des visées immédiates comme une meilleure intégration des étudiants dans la ville : ainsi est née la Journée d’accueil des étudiants (JAE, mélange d’animations et de concert) qui revient à chaque rentrée. Mais il avait débouché aussi sur des éléments plus structurants comme la création de l’observatoire territorial du logement des étudiants. L’Aduga a d’ailleurs relevé que l’offre en la matière était jugée « suffisante » par les étudiants à Amiens. Au rayon bonne nouvelle, on citera également les 79 % de sondés se disant « satisfaits de leurs conditions d’études » (contre 19% pas du tout). Le schéma 2021-2026 vise l’amélioration de la connexion des étudiants au monde économique local. En effet, près d’un étudiant sur deux ne sait pas s’il restera à Amiens après ses études.

//Antoine Caux

 

Besoin d’écoute ?

  • Hotline UPJV : 03 22 82 54 54
  • Fil santé jeune : 0800 235 236
  • CCAS Amiens : 03 22 97 11 52

 

Ad’hoc, le restaurant a du cœur

Le Ad’hoc Café, bar-restaurant de la place du Don, rallume les fourneaux pour nourrir les étudiants. Un élan de solidarité qui fait boule de neige.

Amiens, l’envie d’avoir amphi 2 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

« Les psys, c’est bien. Un frigo avec des petits plats dedans, c’est mieux. » Thierry Martin ne tourne pas autour du pot. Et plutôt que de tourner
 en rond, ce restaurateur
 à la silhouette bien connue des Amiénois a décidé de cuisiner pour les étudiants. « J’en ai un à la maison, ses amis crèvent littéralement de faim. » Depuis la fermeture du Ad’hoc Café en octobre, il a vu le moral de ses équipes en berne : « L’inactivité, c’est dur. Alors je me suis dit qu’il fallait que l’on se rende utile ». Sur
 la base du volontariat, ses employés mijotent marmite de la mer ou autre curry de poulet pour les étudiants en galère. C’est l’épicerie sociale Agoraé qui gère la distribution depuis le 2 février.
 Le Marché solidaire
 ou Intermarché au sud d’Amiens ont tout de suite été partants pour fournir les denrées. Métro, Pepsi, mais aussi des fabricants de produits d’hygiène et du terroir ont depuis rallié l’aventure. « Je pensais que ce serait compliqué, ça ne l’est pas, insiste Thierry Martin comme pour donner envie à ses collègues restaurateurs de l’imiter ou de le rejoindre. En tant que patron, j’ai bénéficié de la solidarité. Or la solidarité doit appeler
 la solidarité. Et puis, les étudiants m’ont rapporté pas mal de sous dans
ma carrière ! Ils m’ont nourri, je leur rends. »

 

// RU : 1 € LES REPAS

Amiens, l’envie d’avoir amphi 3 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

Le sachet repas à emporter à 1 € proposé dans tous les restaurants universitaires du Crous aux étudiants boursiers vient d’être ouvert à l’ensemble des étudiants. Ils ont droit à deux repas par jour avec la possibilité d’acheter les deux en même temps. 
2 162 repas avaient été servis en quatre jours la semaine dernière.

 

// BOURSE ET LOGEMENT, C’EST MAINTENANT

Les demandes de bourse et de logement
 au Crous ont débuté le 20 janvier. Celles-ci ne se font que sur Internet (crous-amiens.fr). Vous avez jusqu’au 11 mai, sans attendre 
vos résultats d’examen ou d’admission,
 ou même si vous pensez changer d’académie.

En chiffres

  • 12 200 boursiers à Amiens
  • 2 374 logements du Crous

 

Lycéens : Parcoursup
 du combattant

Amiens, l’envie d’avoir amphi 4 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

Au lycée, si les épreuves du bac prévues en mars (nouveauté de la réforme) ont été annulées, l’ouverture dès janvier de Parcoursup plonge d’ores et déjà les élèves dans leurs études. Depuis le 20 janvier, les lycéens s’inscrivent sur ce portail lancé en 2018 et sur lequel ils peuvent formuler leurs vœux pour l’après-bac jusqu’au 11 mars. Seconde échéance : le 8 avril. Le dossier devra être clos avec les documents demandés en fonction des filières (C.V., lettre de motivation...). L’annulation cette année du traditionnel Forum du lycéen à l’étudiant (32 éditions) a quelque peu désorienté certains élèves. « Ils ont bien visité les plateformes virtuelles mais s’inquiètent de ne pas pouvoir rencontrer physiquement des étudiants », a observé cette professeure principale d’un lycée de Doullens, à 30 kilomètres d’Amiens, là où ses élèves viendront étudier en majorité devant Arras et Lille. « Il y a une concurrence entre les territoires », confirme Anne Pinon, vice-présidente d’Amiens Métropole déléguée à l’enseignement supérieur. Annulées aussi cette année les présentations en lycée de certaines filières. Des incertitudes sur l’orientation qui diffèrent toutefois selon le profil de l’élève : « Il y a celui qui sait déjà ce qu’il veut faire et qui, de surcroît, est aidé et suivi par ses parents. La problématique est tout autre pour celui, livré à lui-même, qui hésite et ne se projette pas », distingue la professeure.

Des étudiants d’ici

  • 75 % des étudiants amiénois ont eu leur bac en Picardie.
  • 15 % à Amiens même.
  • 1 étudiant sur 10 est étranger
 (dans 8 cas sur 10 originaire d’Afrique).

 

LES RENDEZ-VOUS ET PORTES OUVERTES

 

// PORTES OUVERTES DE L’UPJV LE 6 FÉVRIER

Chaque année, près de 10 000 personnes se rendent aux portes ouvertes de l’université de Picardie Jules-Verne.
 La crise sanitaire a conduit à les imaginer en mode virtuel le 6 février. Il faudra se connecter sur u-picardie/jpo2021. Chaque unité de formation et de recherche disposera de son portail avec des vidéos notamment. Un chat ainsi
 que des conférences Zoom et des témoignages d’étudiants sont prévus. 
Pas possible pour vous le 6 ? Les documents et la majorité des conférences resteront accessibles jusqu’à la clôture des vœux sur Parcoursup, a prévu l’UPJV.

80 % des étudiants à Amiens sont scolarisés à l’université de Picardie Jules-Verne.

 

// SALON D’ÉTUDES SUPÉRIEURES LE 16 FÉVRIER

Amiens, l’envie d’avoir amphi 5 © Studyrama

© Studyrama

4e édition du salon Studyrama à Amiens, la première en virtuel.
 Les visiteurs pourront échanger (chat, visio, appel) avec de nombreux exposants dans toutes les filières.

studyrama.com

 

// STAGE-DATING LE 17 FÉVRIER

Pas facile de trouver un stage ou 
une alternance pendant la crise. Amiens Métropole organise donc une journée 
en ligne de rencontres entre étudiants
 et recruteurs. « En tant que collectivité, nous nous devons d’offrir le réseau que les étudiants ne peuvent pas avoir », justifie Anne Pinon, vice-présidente d’Amiens Métropole déléguée à l’enseignement supérieur. Une cinquantaine d’entreprises devraient répondre à l’appel. Lycéens professionnels, BTS, étudiants en école ou en faculté sont concernés.

stagedating-amiens.com

 

// L’ESC SUR RENDEZ-VOUS LE 20 FÉVRIER

L’École supérieure de commerce d’Amiens, 500 étudiants, vise les 700 d’ici deux ans. Et fait découvrir ces locaux 
au pied de la cathédrale le 20 février pour des portes ouvertes sur inscription.

esc-amiens/com

 

// L’ÉSIEE EN VRAI LE 6 MARS

Amiens, l’envie d’avoir amphi 6 © Sébastien Coquille / Amiens Métropole

© Sébastien Coquille - Amiens Métropole

L’école d’ingénieur amiénoise, 650 étudiants, entrée cet automne dans le giron du groupe UniLasalle spécialisé dans l’environnement, les géosciences et l’agriculture, ouvre ses portes le 6 mars, de 10h à 16h. Et propose également
 de découvrir des cours en compagnie des premières années les 17 février et 3 mars.

esiee-amiens.fr

 

// UN TALENT POUR L’ANIMATION 3D ?

Envie d’intégrer Waide Somme,
 le département 3D de l’Ésad, l’École supérieure d’art et de design d’Amiens ? Candidatures et books à déposer jusqu’au 24 mars sur concours.esad-amiens.fr.

 

// VOCATION MÉDICALE ?

Participez au Forum des métiers de la santé du 10 au 13 février.

simusante.com

L’Institut de formation en soins infirmiers ouvre ses portes au CHU Amiens-Picardie le 6 février.

03 22 45 59 88

 L’Ifsi de l’établissement de santé mentale Philippe-Pinel propose une visite en ligne
 le 17 février.

ch-pinel.fr