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Il n’y a pas que le foot dans la vie de Jonathan Tinhan. Champion de France 2012 avec Montpellier, l’ex-milieu devenu serial buteur à Amiens prépare le terrain de sa reconversion dans le web. Loin du ballon.

Attaquant dans la profondeur  © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Je me vois bien finir ma carrière à Amiens. À 30 ans, ce sera bien »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

26.10.2016

JDA 814

Il affole les défenses de Ligue 2 mais passe incognito dans les rayonnages de la BU de Saint-Leu. Jonathan Tinhan, 27 ans et 7 buts cette saison, jongle avec une vie d’étudiant, les cours à distance et la tête dans les bouquins qu’il retrouve après chaque entraînement. L’enfant de Grenoble, parfois en manque de ses montagnes natales, a connu la Ligue 1 à 20 ans. A soulevé le trophée de champion de France avec Montpellier en 2012. A eu l’honneur d’entendre la musique de la Ligue des champions du côté de l’Olympiakos et de Schalke 04, « l’un de [ses] plus beaux souvenirs ». Pourtant, très vite, il nous confie son « désir de découvrir autre chose que le foot ». Toujours avec cette voix posée qui respire la bonne éducation, celle de sa maman chez qui il a pu rester même en intégrant le centre de formation grenobloise quand il avait 16 ans. Le 14 octobre pour le déplacement à Bourg-en-Bresse (victoire 4-2), il n’a pas fait le voyage avec ses coéquipiers, mais les a rejoints directement depuis Paris où il passait ses examens. Si l’objectif d’un ASC toujours sur le podium après douze journées reste officiellement un maintien à assurer au plus tôt, “Jo” s’en est fixé un second : sa licence en webmarketing et webmaster designer pour devenir développeur de sites Internet.

 

ADROIT AU BUT
« Le club d’Amiens m’a donné cette chance de reprendre mes études. J’ai presque été surpris. Mais ici, on accorde beaucoup d’importance au côté humain. » C’est pourtant « réticent » que ce garçon, fan de manga et attiré par le Japon, pose ses crampons à Amiens en juin 2015. Le milieu de terrain d’alors doute. Traîne deux saisons compliquées. Après le graal montpelliérain, l’arrivée de Jean Fernandez sur le banc héraultais en 2013 casse la dynamique. « Je n’effacerai jamais comment il m’a traité », dit-il sans en révéler davantage. Direction le National, deux étages sous la Ligue 1, où Jonathan Tinhan tente de gagner du temps de jeu. À Istres d’abord. Puis au Red Star. « À ce moment-là se posait la question de continuer. J’étais à deux doigts de rentrer chez moi pour faire autre chose. » Il fera autre chose mais sur le terrain : à Amiens, l’entraîneur Christophe Pelissier le positionne à la pointe de l’équipe. Bilan : douze buts en National l’an passé, synonyme de montée en Ligue 2. « Aujourd’hui, j’ai retrouvé le plaisir », assure cet attaquant assumé. Sans perdre ses envies d’ailleurs. « Je me vois bien finir ma carrière à Amiens. À 30 ans, ce sera bien. » Peut-être pour retourner à Grenoble, l’endroit des racines. Peut-être à Montpellier, l’autre chez lui. Et pourquoi pas en ayant laissé Amiens en Ligue 1 ?

//Antoine Caux