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Dans l’atelier de Sandrine Borday, on façonne les pierres au maillet et au triboulet, aidé d’une imprimante 3D. La chambre de métiers et de l’artisanat lui a attribué le label artisan en or. 

Bagues à part © Sébastien Coquille / Amiens Métropole
« Chaque fois, j’entre dans l’histoire du bijou »
© Sébastien Coquille / Amiens Métropole

04.09.2019

JDA 920

Des cheveux rapidement noués, une blouse enfilée sur une robe fleurie... Dans sa boutique de la rue Allart, Sandrine Borday accueille ses clients en toute simplicité : « Ça ne me dérange pas de les recevoir dans cette tenue, parfois j’ai même encore de la poussière sur les mains ». Après trente-sept ans « de métier » dans la bijouterie-joaillerie, Sandrine Borday défend toujours avec ardeur son statut d’artisan. « Quand un client rentre à L’Établi, je mets mes lunettes et je sais précisément le travail à réaliser sur le bijou. Souder une chaîne, voir que la griffe est usée, qu’une pierre est fendue, reconnaître un diamant à l’œil... Une vraie connaissance des matières. » Exigeante, sévère avec ses apprentis, Sandrine Borday sait aussi écouter. Avant un projet, elle rencontre ses clients. « Aujourd’hui, c’est leur émotion qui m’intéresse le plus. Chaque fois, j’entre dans l’histoire du bijou. C’est une histoire de famille, on y met du cœur. » Des mariages, des naissances, des cadeaux... Une broche de la grand-mère que la joaillière transforme en boucles d’oreilles pour la petite-fille. Reconnaissants, ses clients la remercient souvent avec des chocolats.

 

TRADITION ET NOUVELLES TECHNOLOGIES

Car l’équipe de six personnes s’adapte à toutes les demandes pour réparer ou créer des bijoux personnalisés, entièrement travaillés dans l’atelier. Ici, tout se fait sur place : du dessin au polissage en passant par la fonte, le sertissage de pierre ou le façonnage. Une spécificité de L’Établi, rare en France. Autre technique utilisée dans les grandes maisons parisiennes : la réalisation de maquettes sur un logiciel de conception assistée par ordinateur avec impression en trois dimensions. « Grâce à la précision de l’informatique, au micron près, la symétrie est parfaite et il n’y a pas de soudure », indique Philippe Porteret, associé et ami d’enfance de Sandrine Borday. Cet ingénieur de formation a aménagé et décoré la boutique en 2012. « On voulait que les clients se posent, se sentent au calme. » Pour la peinture, pas de blanc mais des couleurs chaudes et des pigments naturels : de l’ocre rouge, de la terre d’ombre brûlée. Et des miroirs dorés à la feuille d’or.

 

REPÉRÉE À 16 ANS

Le fruit de douze années de travail d’équipe né « d’une page blanche » dans un grenier amiénois. « À 40 ans, j’ai eu envie de créer ma société. Au départ, avec Philippe, on faisait de la sous-traitance. Les banques ne nous faisaient pas confiance. Mais la chambre de métiers et de l’artisanat et les collectivités locales nous ont soutenus. » Un beau parcours qui a débuté à 16 ans quand, pour des raisons familiales, Sandrine Borday doit entrer à l’usine. Elle choisit la fabrication de bijoux. Repérée, on l’envoie chez un artisan. « Pour moi, tout ce qui est manuel est facile, ça ne s’explique pas. Vous me donnez un bout de bois, je vous pose du parquet ! Petite, je faisais des sculptures, je dessinais beaucoup. » Toujours des projets ? Profiter de son jardin, développer la société sur Internet... Elle y pense. Mais il faudra pour cela passer moins de temps à l’atelier. Et ça, ça va lui manquer !

//Lysiane Voisin