Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

Fermé depuis 2006, le site du musée de l’hôtel de Berny fait l’objet d’une grande attention. Si sa réouverture n’est pas encore programmée, des travaux sont en cours sur des bâtiments attenants

Berny : un legs bien protégé © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
Le coût de la rénovation des bâtiments annexes de l’hôtel de Berny s’élève à 1,23 M€.
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

02.12.2020

JDA 964

C’est un écrin que l’on brûle de (re)découvrir et qu’on ne touche des yeux qu’à travers les grilles de la rue Victor-Hugo. L’hôtel de Berny – « auquel les Amiénois sont très attachés » – comme le souligne Pierre Savreux, vice-président d’Amiens Métropole délégué à la culture et au patrimoine, a été légué à la Ville par le sénateur Gérard de Berny. Grand collectionneur d’art et bibliophile, il souhaitait que sa demeure devienne un musée d’art local (lire ci-dessous). À sa mort en 1957, la Ville hérita donc de cet hôtel particulier ainsi que des autres bâtisses situées sur la parcelle.

UN ENTRETIEN CONSTANT
En 1966, la Ville inaugura le Musée d’art local et d’histoire régionale de l’hôtel de Berny. Devenu trop vétuste pour accueillir le public, ce site qui appartient aux Musées d’Amiens est fermé depuis 2006. « Il fait l’objet d’un entretien constant », assure Pierre Savreux. Un soin qui assure sa pérennité et celle de ses intérieurs somptueux. Après la réfection de sa toiture et de sa façade, le remplacement des huisseries et certaines pierres, en 2008 et 2009, ce sont depuis un an trois autres bâtiments qui bénéficient du même traitement : deux maisons du XIXe siècle ainsi que le pavillon du Zodiaque.

PERMETTRE L’ACCÈS AU JARDIN
« Nous ne touchons pas à leur structure, pose François Séguin, conservateur des Musées d’Amiens. Il s’agit de les protéger et d’harmoniser l’ensemble. Les monuments historiques suivent ce chantier, financé par l’État et Amiens Métropole, qui pour le moment reste déconnecté d’un projet de réouverture. » Amiens Métropole planche néanmoins au devenir du lieu : « Rien n’est défini pour le moment, poursuit Pierre Savreux. Nous explorons toutes les pistes et souhaitons dans un premier temps pouvoir ouvrir l’accès au jardin ».

//Coline Bergeon

 

Près de 400 ans d’histoire

Vue du rez-de-chaussée de l’hôtel dans les années 1900.

Berny : un legs bien protégé © Musées d’Amiens

© Musées d’Amiens
Bâti en 1634 dans le style Louis XIII, l’hôtel des Trésoriers de France devient bien national lors de la Révolution française et est vendu aux enchères. Parmi ses propriétaires, l’histoire retient François de Maillart, marquis de Landreville, qui y fait réaliser des travaux d’aménagements notables, comme les décors intérieurs et les sculptures de la façade qu’il confie aux frères Duthoit dans la seconde moitié du XIXe siècle. La bâtisse entre dans la famille de Berny en 1866. Gérard de Berny en hérite avec son frère puis en devient l’unique propriétaire en 1930. Il poursuit l’embellissement du site, notamment des quatre jardins – à la française, romantique, japonais et mauresque. Il y aménage un cloître gothique et une fontaine du XVIIIe siècle. Le site est classé monument historique en 1993.

Le petit Carnavalet picard

Berny : un legs bien protégé © Irwin Leullier - Musée de Picardie

© Irwin Leullier - Musée de Picardie

Sans héritier, le sénateur de la Somme Gérard de Berny souhaita que sa demeure devienne « le petit Carnavalet picard ». Sa collection, pillée et éparpillée lorsque l’armée allemande réquisitionna l’hôtel lors de la Seconde Guerre mondiale, avait été en partie reconstituée par ses soins. À sa mort, la Ville acquit quelques objets pour les exposer dans cet hôtel devenu Musée d’art local et d’histoire régionale. Parmi les trésors : « Beaucoup de mobilier de XVIIIe et XIXe siècles, des objets en bronze et en porcelaine, des tableaux en lien avec l’histoire locale… », détaille François Séguin. Le pavillon du Zodiaque, bâti de 1934 à 1935, sert quant à lui d’écrin aux boiseries peintes du château de Long, que Gérard de Berny avait achetées.