Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

« Ça a été un rêve de côtoyer Maradona »

L’argentin Fernando Casartelli, défenseur d’Amiens entre 2004 
et 2007 où il enflammait la Licorne (16 buts), a connu Diego Maradona quand il jouait à Boca Juniors. Il se confie depuis Buenos Aires. 

« Ça a été un rêve de côtoyer Maradona »  © Collection Fernando Casartelli
Fernando Casartelli vit à Buenos Aires où il gère des cafés de la franchise Martinez.
© Collection Fernando Casartelli

02.12.2020

JDA 964

JDA : Quelle fut votre réaction en apprenant le décès de Maradona ?

 Fernando Casartelli : Honnêtement, je n’y croyais pas. Je me suis dit que ce serait encore une épreuve qu’il allait traverser, comme celles qui auraient dû l’emporter et dont il s’était sorti. Et puis, au fur et à mesure que l’information semblait se confirmer, ça a été un vrai choc. Depuis l’annonce de sa mort, dès que je revois les images, c’est très émouvant.

 

Vous vivez à Buenos Aires. Comment a réagi la ville ?

 Sa mort est une épreuve pour tout le peuple argentin. Et je n’avais jamais vécu une telle sensation ici. Le premier soir, tout le monde est sorti au balcon avec le maillot de l’Argentine floqué du numéro 10 (il s’interrompt).

 

On vous sent très ému ?

 Vous savez, pendant des années, j’ai été fâché contre lui. Je veux dire contre sa façon d’être, ses excès. On aimait tellement le Maradona footballeur. Beaucoup moins son autre facette. Mais il était comme ça, c’était quelqu’un qui vous touchait forcément. Je fais l’analogie avec l’approche d’un père : un père peut tout te donner. Mais peut aussi te faire mal, faire des choses qu’un enfant ne comprend pas. Et on peut aussi se fâcher avec un père mais il reste votre père. C’est exactement comme ça avec Diego.

 

Vous l’avez donc côtoyé de près...

Oui, et ça a été un rêve. Je jouais à Boca Juniors quand j’avais 16-17 ans, en équipe B quand Diego évoluait en équipe A (1996-1997, ndlr). Il y avait au moins 30 joueurs en équipe première mais il n’y avait que Diego qui venait chaque matin nous saluer, nous les jeunes, et un par un. Il était tellement humain. J’ai aussi eu la chance de jouer avec lui à l’entraînement. C’était un magicien. Il faisait des choses que seul lui pouvait faire. Il dégageait une énergie autour de lui qui faisait que l’équipe s’améliorait. L’Argentine n’avait pas une équipe impressionnante en 1986. La victoire en Coupe du monde, c’est lui. Comme à Naples, il faisait presque tout et sublimait l’équipe.

 

Vous aviez 10 ans en 1986 lors de la victoire au Mondial.

 Je me souviens de chaque match, de chaque action de Maradona. Tout le monde était sorti dans la rue, ému et fier, pour fêter la victoire. C’est inoubliable.

 

Ce qui est inoubliable 
à Amiens, c’est votre passage entre 2004 et 2007.

 Amiens est l’un des deux plus importants clubs de ma carrière. Il restera toujours dans mon cœur. Deux de mes trois enfants sont nés là-bas. Je suis rentré en Argentine avec beaucoup de choses de Picardie. J’y repense toujours avec sourire et émotion. J’aimerais bien revenir un jour.

//Propos recueillis par Antoine Caux