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Ces jardins sur l’eau qui sont le poumon vert d’Amiens recensent 850 propriétaires. Comment faire quand on veut avoir à soi un petit bout de ce monde à part ?

Chauffe parcelle ! © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

05.06.2019

JDA 914

C’est comme une visite pour un logement. Sauf que celle-là commence par une balade sur l’eau. Gabrielle et Victor ont embarqué au bout d’une impasse à Camon. Ce couple a la trentaine bien mûre et l’envie d’une parcelle dans les hortillonnages. Stéphane, aux commandes du bateau, vend la sienne, 1 000 m2 : « Les enfants ont grandi et j’ai déjà du terrain ». Le contact s’est fait par le bouche-à-oreille mais des annonces existent aussi sur leboncoin.fr ou en agence. Et avant de repeindre le cabanon et d’allumer le barbecue, le couple demandera une contre-visite et quelques conseils.

 

UNE REDEVANCE ANNUELLE

« Ici, ça pousse trois fois plus vite. Il ne faut pas venir qu’une fois tous les trois mois », prévient Jacques Leullier, patron de l’Association pour la sauvegarde et la protection des hortillonnages qui a emmené 135 000 curieux l’an dernier sillonner ces jardins sur l’eau façonnés par l’homme au Moyen Âge. Depuis 2018, 1 € est reversé par visiteur à l’Association syndicale des canaux d’hortillonnages, une structure indépendante avec trois agents qui entretient les 20 km de canaux publics. Outre la taxe foncière (dérisoire), chaque propriétaire verse une redevance annuelle à ce syndic de 183 € par hectare et une taxe liée au bateau (45 € pour un moteur électrique, un peu plus pour un thermique). Pour circuler, les 750 barques enregistrées sont immatriculées (un A si le terrain se situe à Amiens, un C à Camon, un R à Rivery et un L à Longueau, suivi de trois chiffres). Quand on n’est pas sur sa parcelle, il faut stationner sa barque à un quai, ces “ports à fumier” où l’on embarque plutôt la tondeuse et la glacière.

 

DES RÈGLES À RESPECTER

«On peut y dormir, même y passer plusieurs jours. Mais il n’y a pas de toilettes… », précise Jacques Leullier. Il faut surtout respecter le calme, le cadre et les règles du Plan local d’urbanisme (PLU) si on veut refaire le cabanon. Et rapporter ses déchets solides comme liquides. Les polices municipales de Camon et Rivery sillonnent et veillent. La police nationale doit bientôt être équipée de bateaux. Pas d’obligation par contre d’avoir des berges au cordeau. Mais Jacques Leullier propose la réfection à 40 € environ le mètre. Gabrielle et Victor sont de plus en plus tentés.

 

//Antoine Caux