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Cyrille Chaidron est passionné par les vestiges du passé. À la tête de trois startups, ce bouillonnant archéologue révèle les mémoires enfouies en 2.0.

Chercheur d’Histoire © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
« Amiens possède un potentiel historique à valoriser »
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

29.01.2020

JDA 937

Il n’aime ni le vide, ni l’oisiveté. Cyrille Chaidron est l’un des dix céramologues officiant dans le nord de la France. À 47 ans, il aimerait booster le temps pour accélérer ses projets et « approfondir [s]es connaissances de l’Histoire » ensevelies sous nos pieds. L’Amiénois, dont on imagine la chevelure blanchie par la poussière de son bureau d’études, vit en réalité dans le futur : un érudit 2.0 hyperconnecté, smartwatch en alerte au poignet. Avec ses trois startups, nichées au Quai de l’innovation dans le quartier Saint-Leu, chaque minute compte : Arkéocéra pour la céramologie (destinée aux collectivités territoriales et sociétés privées), Arkéotéka, spécialisée dans la détection inédite par drone de sites archéologiques, fuites d’eau ou pollution des sous-sols, et Octus, qui valorise le patrimoine via le digital, repérée jusqu’en Chine (JDA #906).

 

800 KG DE TESSONS
Enfant, ce natif d’Étouvie s’intéressait déjà à la paléontologie, entre deux parties de foot et de basket « avec les copains ». À 4 ans, il connaissait « le nom des dinosaures » et à 11 se rêvait archéologue. Mais pour lui la vie est trop lente. «Quand un projet n’avance pas, c’est insupportable. Je harcèle les gens, je suis fatigant. » Alors qu’il croule sous plus de 800 kg de tessons de céramiques stockés dans des caisses provenant de fouilles menées dans la région, ce bouillonnant spécialiste de l’antiquité gallo-romaine nous a tout de même consacré un après-midi entier. Si ce passionné qui vit « avec l’archéologie chevillée au corps » parle peu de lui, il est intarissable sur son métier. « Pour susciter des vocations, la transmission du savoir est indispensable. Un héritage de la période où je travaillais à Samara. Pour captiver mon auditoire, je racontais des anecdotes. » Tout comme lors de ses interventions à l’UPJV où, depuis 2015, il enseigne à la fac d’histoire quittée des années plus tôt pour décrocher un DEA en archéologie à Lille. L’homme aurait pu s’expatrier. Mais Amiens « possède un potentiel historique industriel et populaire à valoriser… Et en plus, on est en Ligue 1 ! ».

 

3D VS TRUELLE
À son arrivée à l’Inrap en 2001, il participe aux 300 hectares de fouilles à Arras : « À  l’époque, le plus grand site français ». Une chance qui marque ses débuts en céramologie. « Cette spécialité est indispensable. Pour la datation, c’est la science la plus exacte avant le carbone 14. » 2013 : année charnière. Il quitte l’Inrap pour développer ses projets. « Je cherchais un sens à ce que je faisais. En travaillant sur des images satellite, je me suis aperçu que l’on pouvait aborder l’archéologie autrement. Elle n’est que l’épiderme d’un tas d’informations encore enfouies. » Avec Cyrille Chaidron, drones, réalité virtuelle, 3D et  cardboards ont remplacé pioches et truelles. Pour mieux combler sa soif d’Histoire. Et en finir avec les longues journées à explorer la terre.

//Ingrid Lemaire