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Aux manettes de la Malle à Disques depuis vingt et un ans, Thierry Taupier concocte minutieusement sa sélection pour le Disquaire Day du 22 avril. Sans fanfare, le quinqua cale sa vie sur les platines.

Confessions d’un enfant du son © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écouté des chansons ! »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

19.04.2017

JDA 835

Centre-ville d’Amiens, 10h : les mélodies afro-cubaines du Baobab Orchestra résonnent dans les 40 m2 de la Malle à disques. Concentré derrière son comptoir, Thierry Taupier cherche un album pour une cliente. Disquaire indépendant depuis vingt et un ans, le quinqua garde le cap. La crise du disque, l’essor du Net et la concurrence des géants de la distribution n’ont pas ébranlé sa foi. La musique, c’est toute sa vie. « Même si cela fait cliché, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écouté des chansons ! Je piquais à mon frangin les 33 tours de Brassens, des Sweet et des Who. » Mais aussi les albums de variété de sa mère et de ses quatre sœurs. D’ailleurs son premier vinyle est un maxi de Sheila & Black Devotion ! « Un jour, ma mère m’a donné de l’argent pour m’acheter un jean. Je suis revenu avec le 33 tours de Made in Japan de Deep Purple ! » Ado, l’enfant d’Étouvie rêve de travailler dans le son. À défaut de trouver le métier idéal, il passe un BEP en électronique.

 

DE L’OCCASE AU NEUF
Après son service militaire, il enchaîne les petits boulots, tombe amoureux et fonde une famille. Quatre enfants plus tard, le projet de créer sa boutique se concrétise. « J’avais 29 ans et un stock de disques collecté depuis ma jeunesse. » Restait à trouver un local. Ce sera rue du Marché-Lanselles. Aidé de Corinne, sa compagne, il retape les lieux et déploie des bacs pour ranger CD et vinyles. En 1996, ils sont encore cinq à Amiens à en vendre. La Malle à Disques se spécialise alors dans l’occasion. « Aujourd’hui, il ne représente plus que 10 % de mon chiffre d’affaires. » Car au fil des ans, ce féru de nouveautés a introduit le neuf en boutique. À l’image de sa culture musicale, il propose une vaste gamme allant de “l’indé” aux albums populaires en passant par les collectors. L’arrivée de la Fnac en 2002 à Amiens aurait pu sonner le glas de sa petite boutique. Il doit son salut à des appels d’offres remportés auprès de bibliothèques. Et au retour en grâce du 33 tours. Une aubaine pour ce fidèle de la célèbre galette.

 

LE REVIVAL DU VINYLE
« C’est grâce aux disquaires indépendants que le vinyle est de nouveau tendance. Désormais, on en trouve même dans les grandes surfaces. » Les vinyles justement, ils seront légion le 22 avril lors du 7e Disquaire Day. Un événement international pour les indépendants. « La première année, nous étions 50 en France. Et j’étais le seul à participer au nord de Paris ! » Thierry Taupier prévoit une journée de concerts : Sly, Louis Aguilar, Ma Mauvaise foi, Sophie Oz, Les Maquis’arts de la poésie… Pour l’heure, il peaufine sa sélection de rééditions, nouveautés, éditions limitées. « Studio One produit un coffret 45 tours reggae pour l’occasion. Un Who sera même réédité… Je n’ai pas envie de me planter et je veux faire plaisir à tout le monde. » L’amour du son jusqu’au bout.

//Stéphanie Bescond