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L’entraîneur de l’équipe de France, Amiénois depuis son arrivée du Canada en 1975, est une légende du hockey qui préfère l’ombre à la lumière.

Dave Henderson pas de glace © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Je n’y peux rien, je me sens bien ici. L’herbe n’est pas toujours plus verte de l’autre côté de la clôture… »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

05.04.2017

JDA 834

« C’est pour quoi ton truc ? » L’idée d’un portrait l’a fait grimacer. On peut être au sommet de son sport et fréquenter les médias depuis quarante ans sans aimer les micros ni les honneurs. Nous avons pris un café (lui un verre d’eau) et sorti une photo de 1975 d’un Dave Henderson juvénile et chevelu débarquant à Amiens. Devant ce Canadien anglophone de 23 ans qui ne parlait pas français, l’homme a dévoilé des yeux rieurs : « Je cherchais une aventure, je voulais une année sabbatique ». Elle dure depuis quarante-deux ans. Quarante-deux ans que cet aîné d’une fratrie de cinq, à l’enfance radieuse du côté de Montréal, vit sa passion sur le Vieux Continent. « Mon seul plan de carrière, c’était de jouer au hockey », résume, à 65 ans et toujours avec un accent, ce mâcheur de chique – « Faut pas en parler de ça ». Quarante-deux ans qui lui ont permis de façonner le hockey amiénois. Car c’est avec lui comme joueur qu’Amiens a gravi les étages. Puis avec lui comme entraîneur que les Gothiques ont glané leur premier titre en 1999 : « On n’était pas les meilleurs, mais il y avait un esprit de groupe. Quand tu n’es pas favori, seule cette cohésion peut changer la donne ».

 

LES MONDIAUX, UNE VITRINE
Depuis 2004, il est le coach d’une équipe de France qu’il a installée dans l’élite mondiale – « Tous les ans, c’est un combat ». Et tant pis si les JO de 2018 se feront comme 2014, 2010 et 2006 : sans les Bleus. « La non-qualification a été douloureuse. Mais c’est digéré, on n’en parle plus. Il faut regarder devant. » Devant, ce sont les Mondiaux à Paris du 5 au 21 mai. « Une vitrine pour le hockey », selon l’entraîneur en contrat jusqu’en 2018. Une première depuis 1951 – « Je n’étais même pas né ». Et une preuve du nouveau statut de la France dans le hockey mondial dont il est le principal artisan. Sans lassitude : « C’est ma passion ». Sans jamais quitter Amiens non plus, la ville de son cœur, de sa femme et de ses deux enfants dont Brian, hockeyeur à Angers, qu’il a dirigé chez les Bleus : « J’ai eu tendance à être plus dur avec lui qu’avec un autre joueur. Il a fallu trouver la bonne ligne ». Vers 1984, il a bien tenté un retour au Canada. Mais le couple a très vite eu le mal du pays. « Je n’y peux rien, je me sens bien ici. L’herbe n’est pas toujours plus verte de l’autre côté de la clôture… »

 

LA VIANDE SAIGNANTE
Dave Henderson, naturalisé dès 1981, joue au golf « mais pas bien ». Raffole des escargots. Mange sa viande saignante, « un truc d’ici ». « J’ai gardé quand même cette discrétion très nord-américaine. » Ses meilleurs souvenirs ? « J’en ai trop. » Préfère penser à ceux qui viendront. Mais fourmille d’anecdotes : « Je me suis toujours marré dans ma vie. Je peux être colérique, émotif… Mais je ne suis pas un gars compliqué. On peut être sérieux et prendre du plaisir ». Et ce, depuis quarante-deux ans : « Je n’aurais jamais imaginé être encore là ».

//Antoine Caux