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Président et homme-orchestre de l’Amiens Tennis de Table, ce professeur de médecine tient un hilarant blog sur les matchs de son équipe. Ses coups préférés : jeux de mots et autodérision.

Denis Chatelain, King Pong © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Je perds mes cheveux, j’ai du bide. C’est typiquement un truc
de président »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

29.03.2017

JDA 833

Michal, un Tchèque sans provision… Daniel Gonzalez plutôt Gonzalouest… Le joueur montois s’est envolé… Il a connu un coup d’arrêt Krishna…” Non, le JDA n’a pas le monopole des jeux de mots. Ceux-là sont signés Denis (la malice) Chatelain, 50 ans, président du club de tennis de table d’Amiens et expert en calembours qu’il envoie en rafales après les rencontres de son équipe phare, dans des résumés poilants sur le site du club. « Derrière une table de ping-pong, on a toujours 13 ans », défend-il posément. En bon ado, il a conscience de passer sa vie sur les réseaux sociaux. Porte souvent un sweat à capuche – « au grand dam de madame Chatelain ». Monsieur est pourtant professeur. De médecine. « Je suis anatomo-pathologiste, je regarde dans un microscope toute la journée, j’analyse… Et je fais parfois des autopsies. » Celles des matchs de l’Amiens Sport Tennis de Table restent les plus célèbres. « Ça s’est fait comme ça, l’idée était de créer un petit buzz. Aujourd’hui, nos adversaires sont contents parce qu’ils savent qu’ils seront dans le résumé. Ça met la pression, reconnaît ce grand calme. En tout cas, c’est plus facile quand tu perds que quand tu gagnes. Quand tu gagnes, ça peut être pris pour de l’arrogance. Le problème, c’est que l’on n’a pas souvent perdu (il s’interrompt)… Tiens, ça, c’est de l’arrogance. »

 

LE FRANGIN AUX JO
La famille Chatelain est indissociable du club : Nicolas, le petit frère, a fait les JO de Barcelone. Raphaël, le fiston, évoluait encore en équipe première cet automne avant d’être happé par l’internat de médecine. Enfin Alain, le paternel, n’a jamais tenu de raquette mais tient la buvette. Ancien joueur, Denis se définit comme « un président par élimination, par concours de circonstance ».

 

FAN DE DANSE CONTEMPORAINE
Élu il y a trois ans, il a remis le “ping” sur le devant de la scène sportive amiénoise. Aimerait un jour passer le relais – « Mais à qui ? ». « Tout le monde parlait des Trente Glorieuses du club (Amiens a été champion de France de 1967 à 1969, ndlr). Moi, je voulais juste impulser un nouvel élan. Après, c’est le problème du bénévolat : plus tu en fais, plus tu en as à faire… » Les week-ends de matchs, il prend sa voiture direction Roissy pour chercher Michal Obeslo, la vedette tchèque de l’équipe amiénoise, « la vitrine du club » passée tout près cette année de la montée en deuxième division. « Il dort à la maison aussi. C’est plus sympa pour lui, et pour le club ça coûte moins cher… » Madame Chatelain, elle, fait un rejet. « Elle n’a dû mettre les pieds qu’une seule fois à la salle. Elle aurait été une bonne joueuse pourtant, elle est teigneuse. » Pour se faire pardonner, il s’est abonné à la Maison de la culture et à la Comédie de Picardie. Est devenu fan de danse contemporaine. « Je regrette de ne pas y être allé quand j’étais jeune. En même temps, je ne vois que des vieux comme moi. D’ailleurs, regarde, aujourd’hui, je perds mes cheveux, j’ai du bide… C’est typiquement un truc de président. »

//Antoine Caux