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Architecte devenu artiste, l’amiénois François-Xavier Legenne expose 70 dessins de Notre-Dame à la maison de l’architecture. Les œuvres d’un passionné.

«Dessiner la cathédrale, c’est sans fin » © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

22.01.2020

JDA 936

François-Xavier Legenne et Notre-Dame d’Amiens. Ou le regard d’un octogénaire sur une  octocentenaire qui ne le laisse pas de pierre : «C’est l’un des plus beaux bâtiments de l’histoire de l’humanité ». À l’arrivée : environ 80 dessins. 70 d’entre eux se retrouvent à la Maison de l’architecture jusqu’au 15 mars. Du noir sur du blanc. Ou l’inverse. Car il s’agit d’impressions en grand format, parfois en
négatif : « Certains dessins ne donnaient rien en positif, mais devenaient magiques en négatif », justifie l’artiste qui y a passé trois heures par jour pendant dix-huit mois.

 

RESPECTER L’ÉDIFICE…
Cet exercice « curieusement épuisant », il l’a mené dans le silence, lui qui est pourtant habitué à travailler en musique. Comme si l’édifice imposait son rythme. Et surtout « une grande concentration ». Au premier coup d’œil, on croit au photoréalisme. Pour cause : « Je commence par prendre des photos et m’en inspire. J’estime ne pas avoir le droit de me tromper vis-à-vis d’un tel monument. Mais quand on compare la réalité et mon dessin, cela n’a plus rien à voir ! ».

 

… ET S’EN EMPARER
 De petits traits pointilleux, minutieux, isolent, animent, éclairent différemment des bouts de la cathédrale ou l’inscrivent dans la ville. Et la réinventent : « Là, j’ai enlevé des immeubles et ajouté des arbres, sourit ce Grand Prix de Rome en 1965, architecte et désormais artiste, entre peintures et collages. Et ici, j’ai redressé la flèche ! Le fait d’avoir été architecte m’aide pour les cadrages ». Car François-Xavier Legenne garde un œil professionnel pour saisir l’exceptionnel de Notre-Dame d’Amiens : « Le plan de ses tours est par exemple oblong, ce qui la rend bien plus élancée que celles de Paris ou Laon ».

 

SUBJUGUÉ

 Mais pourquoi Notre-Dame ? Par amour, bien sûr, d’autant qu’il en a signé le nouveau maître-autel en 2011 (lire ci-dessous) : « Dessiner un édifice l’inscrit dans notre cerveau. J’ai appris l’architecture en voyageant, en évoluant dans les bâtiments et en les dessinant ». Une revanche sur son concours d’entrée aux Beaux-Arts, où il avait décroché un 7/20 en dessin : « J’ai longtemps cru que j’étais nul. Avec cette série, je n’ai que des louanges. Mais la cathédrale y est pour 80 % ! Elle subjugue. La dessiner, c’est sans fin ». Il n’avait au départ prévu qu’une vingtaine d’œuvres… Avant de se laisser emporter.

//Jean-Christophe Fouquet

70 dessins de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, jusqu’au 15 mars à la Maison de l’architecture des Hauts-de-France (15, rue Marc-Sangnier)
 03 22 91 62 04

 

Sur l’autel de l’architecture 

«Dessiner la cathédrale, c’est sans fin » © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

Depuis les années 70, François-Xavier Legenne a signé les Halles du beffroi ou la chapelle du carmel, rue Saint-Fuscien. Mais aussi l’IUT de Creil ou la piscine de Corbie. En 2011, il conçoit le maître-autel de Notre-Dame à la demande de monseigneur Bouilleret, l’évêque d’alors. Pour l’architecte, c’est un
jubilé « détaché des choses de l’argent » qu’il conçoit « dans le sillage du dépouillement des carmélites et de l’architecture japonaise ». Il y réunit les matériaux de la cathédrale : blocs de pierre, dalle de verre, croisillons métalliques et podium en bois. « Ce podium en chêne est circulaire, c’est rare. Pourtant, lors d’une ordination, les prêtres font un cercle et touchent la tête de l’ordinand. Je voulais ainsi tenir compte de l’histoire de Notre-Dame, des cérémonies liturgiques et de ma découverte de la sobriété à travers le monde. »