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Annabelle Chojnacki et Michel Gozy ont fondé S’time, un centre qui accueille gratuitement les femmes et les hommes après le traitement de leur cancer. Rencontre en ce mois d’octobre rose.

Duo de choc © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
« Totalement engagés auprès de nos patients »
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

16.10.2019

JDA 926

Assis côte à côte, les rires fusent. La complicité est évidente. Quand Annabelle Chojnacki cherche depuis quand elle est directrice d’exploitation du Centre de traitements des hautes énergies (CTHE) à la clinique de l’Europe, c’est Michel Gozy qui répond : 2014. Et c’est elle qui relate l’arrivée de l’oncologue parisien à Amiens en 2009 dans ce CTHE où se pratiquent chimio et radiothérapie. L’amitié fut immédiate. « On s’est reconnus, dit l’une. Nous partagions les mêmes valeurs. » Le respect de soi et des autres, l’exigence. « Et l’engagement, complète l’autre. Nous sommes totalement investis dans nos métiers et auprès de nos patients. »

 

LE GOÛT DE L’EFFORT
Même leur histoire familiale les rapproche. Ces deux enfants d’immigrés – polonais pour elle, pieds-noirs pour lui – tiennent de leurs parents « le goût de l’effort. Il faut travailler pour y arriver, il n’y a pas de secret », lance Annabelle Chojnacki. D’efforts, elle redoublera tout au long de sa carrière, pour convaincre ceux qui se borneraient à ne voir que ses cheveux blonds. Pas de quoi altérer sa bonne humeur naturelle : « J’ai bon caractère et j’aime les gens ». Le visage plus sérieux de Michel Gozy cache un tempérament tout aussi généreux. De son enfance à Sarcelles (Val-d’Oise) à la fin des années 60, il garde un souvenir vivace et chaleureux. Il se rappelle la banlieue et les copains, toujours présents dans sa vie. « À leur contact, j’ai appris ce que voulait dire le mot solidarité. C’est important pour moi. »

 

PETITE RÉVOLUTION
Pour preuve, dès son arrivée au CTHE, il convainc ses associés de proposer aux patients, en complément à leur traitement, des soins de support (réflexologie, sophrologie, diététique…). Le tout financé par les médecins eux-mêmes. Une petite révolution : « Nous devons être la seule clinique privée de France à le faire ». C’est que, pour ces deux-là, guérir d’un cancer passe aussi par la prise en compte du bien-être du corps et de l’esprit. Ils poussent encore plus loin l’idée en imaginant un lieu qui proposerait aux personnes en rémission un programme de prise en charge de quatre mois… entièrement gratuit et financé par des dons.

 

DE L’ESTIME ET DU TEMPS
Pendant un an, parallèlement à leur travail, ils construisent le projet, poussés par leurs familles. Et en octobre 2016, au 8 de la rue André-Chénier, ouvrent le centre S’time – « pour estime de soi, et temps en anglais : il en faut pour se reconstruire ». Yoga, sexologie, soins… 300 personnes ont déjà profité de ces ateliers bihebdomadaires grâce à l’implication d’une fidèle équipe de professionnels. S’time a l’actrice Mélanie Doutey pour marraine, a reçu la visite de Brigitte Macron en avril dernier et vu son action saluée par l’Afsos, l’Association francophone des soins oncologiques de support. Ils ne s’en vantent pas. Ne s’en étonnent pas non plus. C’est en citant Oscar Wilde qu’Annabelle Chojnacki fait comprendre leur mode de fonctionnement : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Avec ces deux humanistes, elles brillent plus fort et plus longtemps pour leurs patients.

//Stéphanie Bescond