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Alors que l’Amiens UC dispute la finale élite des interclubs à Tourcoing le 24 mai, rencontre avec Basile et Raphaëlle Rolnin, espoirs du décathlon et de l’heptathlon. Des gamins du sud montés éclore à Amiens où ils combinent les épreuves et les études.

Frère et sœur dans la combine © Laurent Rousselin – Amiens Métropole

20.05.2015

JDA 759

Ils courent vite, lancent loin, sautent haut. En plus, ils sont beaux et grands. Un mètre 94 pour Basile. Un mètre 71 « et demi », stipule la frangine Raphaëlle, « j’y tiens ». En épreuves combinées, tout est affaire de précision. Celle qui fait qu’un corps enchaîne dix disciplines chez les hommes, sept chez les femmes. C’est par le lancer que l’histoire d’amour entre l’athlétisme et la famille Rolnin a commencé, dans les traces d’une grande sœur spécialiste du marteau, aujourd’hui journaliste à L’Équipe. C’était du côté de Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, dans un village devenu trop petit pour le potentiel de ces deux-là, repérés lors d’un rassemblement jeune par l’entraîneur de l’Amiens UC, Jean-Paul Bourdon, responsable du suivi des espoirs à la Fédération. L’ancien mentor de l’heptathlète Marie Collonvillé, plus beau CV amiénois de l’athlétisme, parle de « rencontre ». Et débute en coachant Basile par téléphone, « afin de le rendre adaptable, dit-il, la première qualité d’un décathlonien ».

 

LA SOUPE VERTE DE JEAN-PAUL
En 2012, Basile, à peine 18 ans, fait les 980 km jusqu’à Amiens, y pose ses pointes et son ambition, et débute son cursus à la fac de sport. Un an plus tard, la petite sœur le rejoint en même temps qu’elle entre en licence de géographie. Un coach croisé au stade Urbain-Wallet, QG de l’AUC, admire la relation des trois : « Jean-Paul est comme un père pour eux ». Jean-Paul Bourdon goûte au compliment mais corrige : « On fait juste un bout de chemin ensemble ». Un chemin qui fait des détours par la cathédrale, la côte picarde ou par son potager dont les légumes finissent en soupe. Et tant pis si « elle a parfois un vert bizarre », s’amuse Raphaëlle.

 

PAS DE GABARIT TYPE
Jean-Paul Bourdon le martèle : « En athlé, on n’est pas dans le dressage ». « C’est une relation très forte, s’épanche Basile qui a encore les cailloux du sud-ouest dans la gorge. C’est quelqu’un de tellement humain. » « Il nous tire vraiment vers le haut, confirme Raphaëlle. Il pourrait faire progresser n’importe qui… » Il n’y a pourtant pas de recette, « parce qu’il n’y a pas de gabarit type, cadre Bourdon. Les épreuves combinées sont une construction individuelle, où il faut personnaliser la gestuelle. Où l’on découvre par étapes jusqu’où on peut aller… ». Basile avoue : « Avant je ne tenais pas 1 500 m, j’avais mal sur 400 m… » Cette année, lui qui préfère le 110 m haies, le disque, la perche et le javelot, a réalisé la 8e meilleure performance espoir européenne de l’année. Jamais rassasiée, Raphaëlle, elle, veut tenter la perche, une spécialité réservée aux épreuves combinées masculines. Jean-Paul Bourdon : « On n’impose rien, on est à leur écoute ».

//Antoine Caux