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L’édition 2021 des Rendez-vous de la BD d’Amiens a bien lieu, étalée sur tous les week-ends de juin et à condition de réserver un créneau en ligne. Presque le premier événement du monde d’avant dans le monde d’après.

Freyssinet frissonne 1 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

02.06.2021

JDA 982

Le Festival d’Angoulême décalé de janvier en juin a finalement jeté l’éponge en avril. Celui d’Amiens a maintenu le cap. Il a bien fait puisqu’il aura lieu à partir du 5 juin, étalé sur tous les samedis et dimanches du mois avec une condition : respecter une jauge fixée à 800 visiteurs par demi-journée durant le premier week-end, puis 950 à partir du deuxième. Conséquence : la réservation en ligne sur rdvbdamiens.com, le site du festival, est obligatoire. Pascal Mériaux, directeur de l’association On a marché sur la bulle et grand manitou de ce rendez-vous depuis 1996, espère que le message passera. 11 000 personnes déambulent d’ordinaire sur un week-end.

 

LA HALLE, ARGUMENT EN BÉTON

Amiens n’est pas Angoulême mais a ses propres atouts. Au premier rang desquels sa halle Freyssinet, cathédrale de béton de 1928 et de 304 mètres de long près de la gare, dans laquelle s’est délocalisé et épanoui le festival depuis 2018. Les 7 500 m2 des lieux, dont 5 000 investis par le neuvième art, constituent un argument en béton pour la tenue de l’événement et le retour à une vie culturelle normale. Autre point fort : la politique du festival amiénois, depuis quelques années déjà, de prendre ses aises, de déborder de la simple case du premier week-end de juin, d’investir la ville avant et après, de jouer les prolongations pendant les jours les plus longs. En 2021, c’est un peu comme s’il y avait quatre festivals, les auteurs de BD se répartissant leur présence tout au long du mois.

 

LA MAGIE DU CONTACT

C’est donc le festival de la résilience, du retour des sorties et des contacts (même si c’est dans le respect des gestes barrières). La vie. « Il y a un côté reprise très émouvant qui se ressent jusqu’aux trémolos dans les voix des auteurs, a observé Pascal Mériaux. On retrouve la magie du contact avec les livres et leurs créateurs, cruciale plus que jamais. » Il y aura les dédicaces, forcément, les rencontres, les ateliers sur la fabrique de la BD ou les coloristes, et puis les expositions bien sûr. Mais comme il manquera aussi des animations que le protocole sanitaire empêche, l’entrée sera gratuite. Y a plus qu’à cocher la case de la réservation.

//Antoine Caux

25es Rendez-vous de la BD d’Amiens, les 5, 6, 12, 13, 19, 20, 26 et 27 juin, 
à la halle Freyssinet – Gratuit sur réservation

Programme complet sur rdvbdamiens.com

 

// UNIQUEMENT SUR RÉSERVATION !

L’accès au festival implique une réservation sur rdvbdamiens.com. Des créneaux sont proposés pour chaque samedi et dimanche 
de juin (9h-13h ou 14h-18h). Aucune
 entrée ne sera possible directement sur place.

 

LE CHIFFRE

5 300

C’est le nombre de nouveautés BD sorties en 2018. On en dénombrait
 1 137 en 2000. Des chiffres qui montrent la concurrence et la difficulté pour un livre de faire sa place et de faire vivre son auteur. 53 % des auteurs de BD français gagnent moins que le Smic.

 

// LE MANGA FAIT JAZZER

La musique dessinée comme
 un sport, comme un combat, avec des gros plans sur les gestes techniques, des traits de
 vitesse. Blue Giant (éd. Glénat) de Shinichi Ishizuka est 
un seinen (manga pour jeune adulte, différent du shonen
 ciblé pour les 8-18 ans) qui
 suit le jeune Dai Miyamoto
 qui veut devenir le plus grand saxophoniste du monde.

 

Freyssinet frissonne 4 © Éditions Glénat / Shinichi Ishizuka

© Éditions Glénat / Shinichi Ishizuka

 

// PEDROSA À L’AFFICHE

L’auteur du génial L’Âge d’or (éd. Dupuis) et de l’affiche de ces 25es Rendez-vous de la BD se voit consacrer une exposition immersive sur l’ensemble de son œuvre. L’occasion de découvrir Ring Circus (éd. Delcourt), Trois Ombres (éd. Delcourt) ou son introspectif Portugal (photo) (éd. Dupuis). On en profite pour aiguiller aussi vers la Maison de la culture qui se focalise sur sa fable politique de L’Âge d’or. Monumental.

 

Freyssinet frissonne 2 © Éditions Dupuis / Cyril Pedrosa

© Éditions Dupuis / Cyril Pedrosa

 

// LA BD DANS LES TRÉSORS DU MUSÉE

Chasseurs de trésors, c’est
 la première exposition depuis la réouverture du Musée de Picardie, avec le concours du Louvre, excusez du peu. On plonge dans le sous-sol et 
les trésors archéologiques où la bande dessinée, friande de cette thématique, s’invite parmi
 les collections permanentes. Un écho autant qu’un éclairage. 
On croise des planches de Rahan et de Silex and the City aux côtés de la Vénus de Renancourt, des originaux de Winsor McCay
 de 1914 (!) aux côtés du trésor de Boscoreale (Ier siècle av. J.-C., prêté par le Louvre). « Venez et revenez, a invité Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre jusqu’au 1er septembre. Les collections d’Amiens sont exceptionnelles. »

 

Freyssinet frissonne 3 © Antoine Caux

 © Antoine Caux

 

Ce qu’ils en disent...

« Mon dernier festival remonte à Angoulême en janvier 2020, il y a presque un an et demi ! La sensation va être similaire à celle qu’on a pu ressentir en refaisant une terrasse. Ça a été vraiment dur de se passer de ce rendez-vous l’an dernier. Moi, ça fait vingt ans ici ! »

David François, 
dessinateur amiénois qui a publié 
en février Chaplin, Prince d’Hollywood (éd. Rue de Sèvres), tome II du biopic
 sur Charlot qu’il signe avec Laurent Seksik. Il sera présent les 5 et 6 juin.

 

« La présence de scénaristes permet
 de sortir du format de la stricte dédicace. 
On est de fait dans l’échange. C’est très plaisant d’avoir des retours de lecteurs
 et cela a manqué. Et puis là, on va retrouver toute une profession. »

Roxanne Moreil,
 scénariste de L’Âge d’or 
(éd. Dupuis) avec Cyril Pedrosa, sera présente les 19 et 20 juin.

 

// À BASE DE POPOPOPOP

Ça aurait pu être le titre de l’exposition consacrée à l’œuvre commune de Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse qu’on ne saurait trop conseiller. Elle s’appelle Né sous le signe
 du kiosque pour montrer l’influence de ces couvertures qui ornaient les devantures des marchands de journaux dans l’enfance bruxelloise de Smolderen pendant les sixties. Smolderen, 66 ans aujourd’hui, à qui l’on doit la série Gipsy avec, au dessin, Enrico Marini (mais si vous savez, celui qui a fait l’affiche du festival d’Amiens 2019 avec Batman parmi 
les gargouilles de la cathédrale), a signé une trilogie pop
 en couleurs avec Alexandre Clérisse. Cases acidulées. Époques 
ressuscitées. Culture pop sublimée. Ça hume les années 1950
 dans Souvenir de l’empire de l’atome paru en 2013, qui
 mêle hommage à la science-fiction, à Franquin (le méchant s’appelle
 Zelbub) et quelque part à l’Atomium (l’une des cartes postales belges). Ça transpire les
 années 1960 dans L’Été diabolik (photo), celui de 1967, celui du jeune Antoine, où la BD tutoie l’élégance d’une série comme Mad Men, l’espionnage en plus. Les deux opus ont été couverts de prix et rejoints en 2019 par Une année sans Cthulhu bourré de références aux années 1980, celles de Clérisse, 40 ans cette année, qui fut accro aux jeux de rôle, point de départ du livre. Ô popop !

Freyssinet frissonne 5 © Éditions Dupuis / Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse