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L'Amiens de... Michou © Laurent Rousselin-Amiens Métropole

10.01.2018

JDA 862

Fantasque. Folâtre. Mais terriblement humain et simple. Né dans la cité de la waide, il a choisi une vie en bleu. Son cabaret transformiste fait de lui le prince de Montmartre depuis 1956. Il fut d’abord celui du quartier La Vallée où ce roi de la nuit a vu le jour le 18 juin 1931. Tour à tour groom puis crieur de journaux dans la rue des Trois-Cailloux, il se raconte dans Michou, prince bleu de Montmartre qu’il est venu dédicacer en décembre « avec le trac » chez son premier “chez lui”, Amiens.

 

Sa rue

15, rue Claudius-Antoine-Serrassaint. Derrière la gare, la rue existe encore. Plus
la maison, cette petite 
amiénoise acquise par les
 grands-parents de Michel Catty mais démolie depuis. Élise Warnier, sa grand-mère, est sans conteste la femme de sa vie. Celle qui l’a élevé. Celle dont il a hérité la rigueur. Celle qui a mal vécu le départ de son petit-fils pour Paris. Elle décédera en 1957, un an après l’ouverture de Michou au 80, rue des Martyrs. « Ça me fait beaucoup de choses quand je retourne dans le quartier La Vallée.
 J’y vais en pèlerinage, même si tout a tellement changé. Qu’importe, je ferme les yeux, j’essaie de retrouver l’air, l’énergie de l’endroit, le petit vent... »

 

Son Souvenir

1943. Le petit Michel Catty a 12 ans : première communion dans l’église du quartier, l’église du Sacré-Cœur. L’enfant de chœur aime se déguiser (déjà !) avec l’aube blanche. « On avait l’impression que notre spectacle retenait l’attention de tous les paroissiens, on jouait aux petits anges tout en étant de véritables démons. » Mais en ce jour de fête,
 les sirènes retentissent. Les bombardements
sont imminents. « Nous sommes allés nous abriter dans une cave en face de l’église », raconte-t-il. Dans son livre Michou, prince bleu de Montmartre, il se souvient de cette angoisse des passages d’avions dans le ciel d’Amiens,
 de la descente aux abris « terrés comme des animaux, terrorisés par le bruit des explosions ».

 

Son idole

« Marie sans Chemise ! Alors elle, c’est ma copine. À chaque fois que je viens à Amiens, je passe la voir. Elle est belle, elle est libre. Elle m’a beaucoup inspiré. » Avant de rendre visite à sa belle à l’angle de la rue Dusevel et de la rue des Sergents, Michou l’a connue jusqu’en 1950 à sa première adresse : place Gambetta. En 1897, c’est là qu’apparaît l’horloge Dewailly (du nom de cet ancien maire dont le legs a financé sa création). On la doit à Émile Ricquier, l’architecte du Cirque Jules-Verne, élève de Gustave Eiffel. Le sculpteur amiénois Albert Roze signe, lui, ce bronze aux seins nus, 
une allégorie du printemps qui ne s’appelait pas encore Marie sans Chemise. Ce surnom, c’est le poète local Édouard David (1863-1932) qui lui a donné. Pour le plus grand plaisir de Michou.

//Antoine Caux