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À la tête de l’entreprise de pierre, Thierry Gambier est le seul amiénois cofondateur du club Somme des mécènes du patrimoine. La suite logique d’un investissement sans faille.

L’Histoire en héritage © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
« On ne fait pas ce métier par hasard. C’est une vraie vocation »
© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

08.06.2016

JDA 801

Thierry Gambier, 57 ans, dirige l’entreprise De Pierre, spécialisée dans la restauration d’édifices. Et semble aussi secret qu’une porte dérobée. Comme celle dite “sous tenture” cachée sous la tapisserie de la chambre de Marie-Antoinette à Versailles. C’est par là que la reine a fui les révolutionnaires. Près de deux cents ans plus tard, l’entreprise De Pierre intervient dans l’illustre château. Elle y termine, selon les plans originels, l’escalier Gabriel, inachevé depuis sa conception en 1772 par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du roi. Dans le bureau de Thierry Gambier, rue Marivaux, où la lumière peine à traverser les stores californiens, une immense photo rappelle cette fierté versaillaise : « On ne fait pas ce métier par hasard. C’est une vraie vocation. » Angevin d’origine, dans le métier depuis 1989, président de l’entreprise familiale fondée en 1924 par Sosthène Denis qu’il reprend à Jean-Marie Denis en 2005, Thierry Gambier évoque sa passion « pour l’Histoire, les vieilles pierres et ses trésors à préserver. Chaque édifice est unique et j’ai la chance d’accéder à des lieux extraordinaires ». Comme les souterrains du château de La Roche-Guyon situés au pied des falaises de la vallée de la Seine. Sollicité par la Fondation du patrimoine pour participer à la sauvegarde des richesses de la Somme, il est devenu en avril, l’un des quatre cofondateurs du vingtième club de mécènes en France.

 

500 RESTAURATIONS EN 2015
« C’est une aventure basée sur le partage des savoirs. Pour vivre la restauration de l’autre côté du décor, apporter son expertise et arbitrer les dossiers pour l’affectation des dons. Dans la Somme, mon entreprise réalise une quarantaine de chantiers par an. Quand il s’agit de monuments, j’invite les maires à contacter la Fondation du patrimoine pour appuyer leurs projets. » Une Fondation qui soutient le patrimoine privé, principalement non protégé au titre des monuments historiques et celui public ou associatif par le biais de souscriptions. Dernièrement, à Amiens, le Moulin Passe-Avant, vestige médiéval, a ainsi été sauvé. Une autre collecte est en cours pour l’église de Bovelles. L’an dernier, en Picardie, plus de 500 opérations privées ont été aidées et 164 souscriptions lancées pour des projets patrimoniaux.

//Ingrid Lemaire