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Albin de la Simone, pianiste de jazz passé à la chanson élégante, est un enfant d’Amiens et de la Lune des Pirates. Elle lui donne carte blanche le 16 mai.

L’amour en bonne voix © Yann Rabanier
« La femme, l’amour, le couple, c’est compliqué »
© Yann Rabanier

10.05.2017

JDA 838

Sa voix douce procure une intimité instantanée. Qu’il parle ou qu’il chante. Avec ce timbre tendre et fragile, si reconnaissable parmi la chanson française. Le terme ne veut pas – plus – dire grand-chose, reste qu’Albin de la Simone, 46 ans, pourrait être le dénominateur commun de cette hypothétique famille, tant il a arrangé et accompagné, en studio et en tournée, les Paradis, Delerm, Souchon, Miossec… C’est d’ailleurs au contact de Matthieu Chedid (M), Mathieu Boogaerts ou Arthur H qu’il décide de la jouer solo, à 30 ans, lui le musicien de jazz qui avoue son mépris d’autrefois pour la chanson. « Mais j’ai découvert avec des gens comme Philippe Katerine qu’il pouvait y avoir dans la chanson une quête d’originalité. J’avais envie de textes. Je n’en avais jamais fait. Et ça a été une libération. » Depuis quinze ans, le clavier de ce petit brun au gentil minois chante simplement les difficultés de l’amour. Du couple, heureux ou pas. Des femmes. Des hommes pas toujours – souvent – à la hauteur. Un vaste programme pour ses « épaules pas baraquées » comme il le chantait dans son album précédent. Le dernier, son cinquième, L’un de nous, réussit encore (mieux ?) cet équilibre de funambule à parler de la vie à deux avec tendresse et l’art d’éviter la mélancolie. « La femme, l’amour, le couple, c’est compliqué. C’est pourtant ce que je veux réussir dans ma vie… »

 

LES FILLES, LE LUCULLUS

Sa vie, elle a commencé à Montigny-sur-l’Hallue, à quinze bornes d’Amiens. « Sur la D919 », situe-t-il. À la maison, maman lit Télérama. Surtout, le jazz est roi avec le papa, Christian, clarinettiste et fondateur des Barbecues, un groupe New Orleans qui reprend les standards des années 1930 et 1940. Primaire à Amiens nord. Collège à Villers-Bocage. Et salopette blanche avec le big band des collèges et lycées. « J’étais frustré d’habiter la campagne. Je me sentais urbain… » Au lycée, le voilà en arts plastiques à Louis-Thuillier. La ville, les filles, Le Lucullus et la Lune des Pirates, la salle alternative qui ouvre en 1987.

 

À LA MCA EN FÉVRIER

Cet ado en feu a 16 ans, une iroquoise sur la tête et, apparemment, pas une âme artistique, selon un professeur. « On ne donnera pas de nom » : Albin de la Simone est bienveillant. Le petit punk, souffre-douleur et bagarreur, part en Belgique dans une école d’arts plastiques « où l’on m’a accepté tel que j’étais ». Puis à Paris où il s’émancipe du père en partant dans le jazz contemporain. La D919 et Amiens ne sont jamais loin. La Lune non plus, forcément. Albin le musicien s’y pose avec ses groupes de jazz parisiens. Albin le chanteur y revient souvent. La prochaine fois, ce sera le 16 mai avec à ses côtés ses amis de Zic Zazou pour un concert complet depuis trois mois. Ouf ! il y aura une autre date en février à la Maison de la culture. Trente ans après ses premiers pas sur La Lune. Ça donne un coup de vieux ? « Oui, mais si on vieillit heureux, c’est pas grave… »

//Antoine Caux