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Elle a repris les rênes du Festival du film d’Amiens.
 Un festival international. Cela tombe bien : à 55 ans, Annouchka de Andrade ne compte plus les pays découverts. 

L’international, c’est son genre  © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
« Ma mère a été actrice. On ne lui proposait que des rôles de bonnes, alors qu’elle voulait jouer Antigone »
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

08.11.2017

JDA 855

Certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche. Pour d’autres, l’héritage est moins sonnant et trébuchant, mais autrement enrichissant. Dans le cas d’Annouchka de Andrade, née en 1962 à Moscou, il aura été artistique et cinéphilique. Et, pendant un moment, malvenu : « Je me suis construite en me disant : “Jamais je ne ferai de cinéma !”. J’ai donc suivi des études de médecine, pour en être le plus éloignée possible. J’ai détesté... ». Direction les langues orientales, puis un premier travail comme enseignante de russe aux États-Unis. La poursuite du voyage pour la fille de la cinéaste d’origine guadeloupéenne Sarah Maldoror et du poète et homme politique angolais Mário Pinto de Andrade – un père qu’elle préfère ne pas évoquer. Contrairement à sa mère.

DE LA RUSSIE À AMIENS

« Ma mère a été actrice. On ne lui proposait que des rôles de bonnes, alors qu’elle voulait jouer Antigone. Elle a donc participé à la création de la première troupe de comédiens noirs en France en 1956, Les Griots. Mais elle pensait que le cinéma était un meilleur moyen d’expression et est allée l’étudier à Moscou. » Depuis sa naissance, Annouchka de Andrade n’a donc « jamais eu peur » de se déplacer. Et si l’Algérie a été pour elle « un moment important », la ville où elle a le plus vécu reste... Paris. Où elle réside toujours, à cheval avec Amiens depuis sa reprise de la direction du Festival international du film en février dernier « grâce à Jean-Pierre Garcia [premier directeur du Fifam, ndlr] qui m’a proposé de candidater ». Sa rencontre professionnelle avec le cinéma, elle, vient de ses compétences en russe : « Un producteur cherchait quelqu’un qui le parlait ». Et la voilà à l’ARP de 1991 à 1997, la société civile des auteurs réalisateurs producteurs créée en 1987 par Claude Berri : « J’ai découvert le plaisir de monter des événements, d’inviter des créateurs » en organisant notamment les Rencontres cinématographiques de Beaune.

CONTRE L’ART MARCHAND

De « merveilleuses années à lutter contre le concept de marchandise appliqué à l’art » et des accointances fortes, notamment avec Alain Corneau ou Patrice Chéreau. Suivront des postes d’attachée culturelle en Colombie puis en Espagne. Mais la politique, non : « Avec mes parents, j’ai vu beaucoup de gens mourir autour de moi... ». Elle préfère se souvenir de ces cinéastes andins, « incrédules quand je leur ai dit qu’ils allaient à Cannes » et de tous ces gens qu’elle aura mis en relation. Pour aboutir à de la création : « Je me considère comme une facilitatrice », affirme celle qui voit dans le cinéma « un outil indispensable pour toucher les gens, car abordable et au langage international ». Car pour Annouchka de Andrade, « nous aurons toujours besoin d’images. Il faut juste apprendre à les regarder ». Cette globe-trotteuse des arts invite ainsi à entrer dans son vaste monde du 10 au 18 novembre lors du Festival du film : « Laissez-vous guider et voyagez ».

//Jean-Christophe Fouquet