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Après dix ans sur les planches avec la compagnie amiénoise Noir… Lumière !, Clément Geerts joue dans la série Le Temps est assassin actuellement sur TF1 .

La douleur comme tremplin © Cris Noé
« J’ai trouvé ma voie et j’en suis fier »
© Cris Noé

18.09.2019

JDA 922

Dans Le Temps est assassin, la série de TFI adaptée du best-seller de Michel Bussi dont les deux derniers épisodes sont diffusés le 19 septembre, son personnage Cervone Spinello cumule chemise bariolée, cheveux gominés, bracelets colorés, lunettes de soleil… « C’est un frimeur, paumé après le décès de sa mère. Et sûr de lui. Ce qui n’est pas toujours mon cas, avertit Clément Geerts. C’est d’ailleurs là la difficulté. » À 27 ans, et après dix ans au sein de la compagnie amiénoise Noir… Lumière !, il a décroché ce rôle qui l’expose chaque semaine depuis le 29 août au regard de millions de téléspectateurs. De septembre 2018 à janvier 2019, Clément Geerts a tourné à Calvi en Corse aux côtés de Mathilde Seigner, Caterina Murino, Jenifer Bartoli et Fred Testot – son personnage adulte.

 

COURS FLORENT ET ACTORS STUDIO
« J’ai essayé de ne pas me laisser impressionner par ces grands acteurs. Mais plutôt de me faire remarquer par mon jeu. Cette série m’ouvrira peut-être des portes à la télévision ou au cinéma. » Formé sur les scènes locales puis au Cours Florent et à l’Actors Studio à Paris, Clément Geerts s’est longtemps cherché. « À l’école, je dessinais sur les tables. Au collège, j’allais en cours sans vraiment y être. Je n’ai même pas décroché le brevet. L’école d’arts graphiques, trop tournée vers la pub, ne m’a pas plu. Du coup, j’ai arrêté. Je n’ai aucun diplôme ! Mais j’ai trouvé ma voie et j’en suis fier. » Un parcours périlleux qu’il justifie par le harcèlement scolaire subi « tous les jours » au collège.

 

UNE SCOLARITÉ TRAUMATISANTE
« Coups, crachats, insultes… ça pousse au suicide. On se fait tabasser dans les vestiaires, dans la cour, sans raison. On devient un fantôme. Des souvenirs indélébiles, je ne m’en débarrasserai jamais. » Depuis deux ans, Clément Geerts en parle et envisage d’aider les jeunes victimes en créant une association. « Pour lutter contre le silence et inciter l’Éducation nationale et les enseignants à réagir. » Le comédien se sert désormais de ses douleurs dans son métier : « Pour la tristesse ou la colère, je repense à ces moments difficiles et je joue avec mes tripes. Comme Jean-Louis Liget me l’a appris ». Le metteur en scène de Noir… Lumière !, qui a aussi été son professeur de dessin au centre culturel Jacques-Tati, « est un mentor qui [lui] a donné l’envie et la force de continuer dans l’art ». Ambitieux et tenace, Clément Geerts a su attirer l’attention d’un agent il y a quatre ans après en avoir contacté une centaine. « Pour être professionnel, il vous faut un agent. Un seul m’a pris. » Mais après le casting, le rôle de Cervone Spinello est pour lui. Il partage désormais son temps entre Paris et Amiens où, avec son association Âmes sauvages, il fait du coaching d’acteurs destiné aux professionnels et aux amateurs. Il ne manque pas non plus un rendez-vous pour rencontrer les producteurs. La semaine dernière à La Rochelle, il participait au festival de la fiction TV. L’occasion de connaître les projets des différentes chaînes. Et de se faire à nouveau remarquer.

 

//Lysiane Voisin