Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

On peut n’avoir qu’une vingtaine d’années et être déjà entrepreneur. Deux étudiants le démontrent en ouvrant leurs boutiques à Amiens.

La jeunesse entrepreneuse © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

03.07.2019

JDA 918

 

La Boîte à bio
Martin Devise, 22 ans

Chez lui, c’est petit. Mais bien rempli. « Environ 500 références 100 % bio », affirme Martin Devise, qui a ouvert sa Boîte à bio le 27 avril place de l’Hôtel-de-Ville. À 22 ans, l’étudiant havrais (à l’École de management de Normandie) a fusionné deux tendances : l’alimentation bio et la vente “zéro déchet” (lire ici). C’est-à-dire en vrac. Graines, oléagineux, céréales, huile, vinaigre, vin, miel, spiritueux, chocolat, pâtes, café, thé, gâteaux et fruits secs ou produits cosmétiques et d’entretien : tout est vendu dans des sachets en papier ou en tissu réutilisables, ou dans des bocaux et bouteilles en verre consignés.

                                            

URGENCE ÉCOLOGIQUE
Pour cela, il est parti d’une feuille blanche. « Il y a urgence. Pour nous, pour la planète. Je n’allais pas attendre 2020 ! » Élevé dans une conscience écolo depuis que ses parents ont été chamboulés par la vache folle, Martin Devise est un jeune homme pressé. Il s’est donc accordé une année sabbatique dans sa scolarité, qu’il compte achever l’année prochaine. Une étude de marché l’a orienté vers Amiens, où il vient en train, « pour des raisons écologiques et économiques ».

 

UNE FUTURE FRANCHISE ?
En attendant de recruter à la rentrée, il mène seul sa barque, parfois aidé par sa sœur. « Elle me file un coup de main et je la paye en gâteaux », sourit-il. À son âge, se lancer ne fut pas simple. « Beaucoup ne me prenaient pas au sérieux. Cela m’a énervé, mais aussi motivé. » Malgré trois mois de travaux avant ouverture, Martin Devise garde de l’énergie et prépare l’avenir. Dans sa besace : une pompe à bière, du pain et un système de commande en ligne, attendus prochainement. Et la création d’une franchise ? L’idée a déjà germé (bio) dans sa tête.

//Jean-Christophe Fouquet

 

Ô Sorbet d’amour
Enzo Moreira, 20 ans

La jeunesse entrepreneuse © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

© Laurent Rousselin - Amiens Métropole

La révélation lui vint à 17 ans, suite à sa rencontre au Portugal avec Ô Sorbet d’amour, bébé d’un artisan glacier d’Arcachon fondé en 1935. Une franchise aujourd’hui forte d’une vingtaine de boutiques. Le 8 mai, au quai Bélu, celle d’Enzo Moreira, habitant de Saint-Leu, est devenue « la première dans le nord de la France », selon la formule consacrée. Étudiant à l’École supérieure de commerce (ESC) d’Amiens, l’entrepreneur a été séduit « par la qualité de ces glaces et les 70 % de teneur en fruits ». Et aussi par « l’exigence de la franchise en termes de traçabilité ».

 

BRISER LES BARRIÈRES
Question existentielle : comment a-t-il pu se lancer si tôt ? « Je passe en troisième année sous réserve du stage que j’effectue dans ma propre entreprise – ce qui n’a pas été facile », donne-t-il en début de réponse. Avant d’affiner : « Quitte à être novice, je préfère l’être jeune ! Bien sûr, il y a des barrières, mais on peut les briser ». En outre, ce chef d’entreprise / stagiaire (!), qui naviguera l’année prochaine entre l’ESC et le quai Bélu, a déjà embauché trois personnes. Il remercie ses guides familiaux et scolaires : « Tout le monde s’est avéré intéressé, constructif et bienveillant ».

 

DIVERSITÉ AU QUAI BÉLU
Cinq semaines après son lancement, et à l’approche de la haute saison (« en hiver, la boutique focalisera sur l’aspect crêperie / salon de thé »), le patron d’Ô Sorbet d’amour, « très motivé et en ce moment à 400 % », dresse un premier bilan « plutôt satisfaisant » : « Les Amiénois me disent qu’un tel magasin manquait à la ville. Cela apporte de la diversité au quai Bélu ». Un bel encouragement après un an et demi de parcours du (jeune) combattant.

//Jean-Christophe Fouquet