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La maison Duquef, le picard en héritage

Le conseil municipal du 10 juillet a validé l’achat par la ville de la maison du quai Bélu de Marie-Madeleine Duquef, figure de Saint-Leu décédée en 2016, pour en faire le siège de l’agence pour le picard.

La maison Duquef, le picard en héritage © Thibaut Cécile

21.07.2020

C’est l’une des cartes postales de Saint-Leu : le quai Bélu et son défilé de terrasses. Depuis trente ans, toutes les maisons sont devenues des bars ou des restaurants. Toutes ? Non ! Celle d’une irréductible Picarde a toujours résisté. Celle de Marie-Madeleine Duquef, mémoire du quartier décédée en 2016 à 94 ans. Mémoire de la langue : elle avait écrit L’Amassoer, dictionnaire picard illustré par l’exemple. Mémoire dans les murs, ceux à pans de bois, colombages et faible hauteur sous plafond de sa maison du XVIIe siècle située au 23 d’une rue qui, à sa naissance en 1922, s’appelait rue de la Queue-de-Vache (el tcheue d’vaque en picard).

L’HISTOIRE ET LA MÉMOIRE DES AMIÉNOIS

Cette maison va continuer de résister : la Ville d’Amiens la rachète (60 000 euros) pour qu’elle ne vende pas son âme aux tables des restaurants, conformément aux volontés de Marie-Madeleine Duquef et de ses héritiers. Car « l’accord avec les vendeurs est lié à une utilisation sociale du lieu », a ainsi précisé Brigitte Fouré, le maire d’Amiens. La maison sera confiée en bail emphytéotique à l’Agence régionale de la langue picarde qui promeut la culture régionale. Philippe Leleux, de la libraire du Labyrinthe, qui avait édité Marie-Madeleine Duquef, peut être rassuré. Dans son hommage à sa Tchotchotte, il écrivait à ce que soit « sauvée cette modeste et rare demeure qui enferme l’histoire et la mémoire des Amiénois. […] Ce monde qui passe quai Bélu à la recherche d’un restaurant est aussi à la recherche de sens et de culture ». Comme dans Astérix, l’histoire se termine bien.

//Antoine Caux