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Victor Eonnet, 30 ans. L’installation de cet ingénieur à Amiens ne l’a pas dévié de son rêve de gosse : la mini-transat 2021, des Sables-d’Olonne à la Guadeloupe, sur une coque de noix moins longue qu’un camping-car.

La mer, elle l’a pris © Florent Bony
« Je loupe tous les mariages de mes potes »
© Florent Bony

15.01.2020

JDA 935

La course au large, ça débute parfois dans une Clio. Et par des routes inattendues : l’A28 et l’A11, entre Amiens et Guérande. Deux weekends sur trois, Victor Eonnet enquille les kilomètres avant les milles. Quitte Henriville et madame, pour le port de La Turballe. C’est là que l’attend son Pogo 2, ce voilier de 6,50m, dégoté à 35 000 € et payé à crédit. À sa barre, Victor tentera de relier Les Sables-d’Olonne à la Guadeloupe à l’automne 2021 lors de la Mini-Transat, une course mythique qui, en quarante ans, n’a jamais viré de bords ni du cap fixé par Bob Salmon, son créateur : permettre à des skippeurs amateurs de traverser l’Atlantique. En 1977, ce journaliste luttait contre le gigantisme avec cette transat en miniature et sans aide extérieure. Les Peyron, Autissier, Desjoyaux y ont fait leurs armes. Le vieux loup de mer amiénois Jean-Luc Van Den Heede (JDA #931) en parle avec émotion. Le surdoué François Gabart regretterait de ne pas l’avoir courue. Victor Eonnet y pense depuis l’enfance.

 

SA COPINE, PREMIÈRE FAN
 Cet ingénieur logistique chez Clarins, l’entreprise de produits cosmétiques basée à Glisy, a jeté l’ancre à Amiens il y a deux ans. Deux collègues l’appellent Kersauson, « pour le côté voile et bon vivant, je pense ». Il a le profil classique du marin malgré une jeunesse parisienne : des grands-parents bretons, un papa amateur de bateaux, un abonnement à Voiles et Voiliers à la maison. À 12 ans, il y découvre la Mini-Transat. À 14, premières compétitions l’été. L’école de commerce l’en éloignera. Mais le rêve de course en solitaire est toujours hissé haut, même une fois installé en couple. « Ma copine est ma première fan. Sans le soutien des proches, ce serait impossible. »

 

APPEL AU MÉCÉNAT
 Tous les congés y passent. Il s’excuse : « Je loupe tous les mariages de mes potes ». À La Turballe, le marin apprend la navigation, la réparation, la météo, la nutrition, l’optimisation de ce Pogo 2… Il doit encore accumuler les milles dont 1 500 (2 800 km) en courses officielles (il participera à la course Les Sables-d’Olonne / Les Açores / Les Sables-d’Olonne cet été). Et quand il délaisse son ciré, il enfile un costard pour aller séduire les sponsors. « La course au large est un sport mécanique, ça coûte cher », dit-il, son dossier de mécénat sous le bras, lui qui doit boucler un budget de 192 000€, dont 80 000 € seront reversés à Arthritis, fondation qui soutient la recherche contre les rhumatismes : « J’ai un proche qui a une maladie rare ». Il ne s’épanchera pas plus.

 

L’HIRONDELLE ET LES BALEINES
 Il a déjà cumulé soixante heures en solitaire sur son voilier. Sait qu’il doit dormir vingt minutes toutes les heures et demie. Et prendre mieux soin de son alimentation. « En deux courses, j’ai perdu 8 kilos… Mais j’ai beaucoup appris. » Il a aussi fait route avec une hirondelle posée six heures sur son mat pour se reposer. A apprécié la compagnie des dauphins. Il rêve désormais des baleines qu’il croisera dans l’Atlantique. Mais aussi de l’andouillette et de la bonne bière qui l’attendront à son retour !

//Antoine Caux

 

Pour soutenir Victor Eonnet :
victoreonnet@gmail.com ou fondation-arthritis.org