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Figure emblématique du théâtre en Picardie, Yannick Becquelin a quitté les feux de la rampe pour la direction d’une association. Sans regret, et avec la même passion de l’autre.

La psychologie à tout prix © Laurent Rousselin - Amiens Métropole
"Je me sens libéré de ne plus jouer"
Laurent Rousselin - Amiens Métropole

31.05.2017

JDA 840

Dans son bureau de la rue Riolan trône l’affiche de La chanson d’un gâs qu’a mal tourné de la compagnie Issue de secours. Si Yannick Becquelin a décidé en 2014 de prendre la direction de l’association Alpha Picardie (Association de loisirs pour handicapés adultes), il n’en a pas moins gardé un pied dans cette troupe, dont il est toujours le coprésident et le responsable artistique. Mais pour lui, les planches, c’est fini ! « Je me sens libéré de ne plus jouer. Mais quand Dominique Choisy m’a demandé de tourner dans son film (Ma vie avec James Dean, ndlr), je n’ai pas pu dire non ! », confie le quinquagénaire. Il faut dire que le goût du jeu l’anime depuis l’enfance. Grâce à son père, régisseur à la Maison de la culture, il découvre et applaudit les artistes. Il intègre l’atelier de théâtre du collège Auguste-Janvier puis la troupe amateur du Théâtre de l’Alambic. « Plus que jouer, j’aime comprendre la psychologie des personnages. » Après le bac, il est embauché à l’institut médico-éducatif d’Albert en tant qu’éducateur spécialisé. Sa mission ? S’occuper de personnes en situation de handicap. Un métier qui le passionne sans l’éloigner des planches.

 

LE TEMPS DU CHOIX
Alors quand son amie de toujours, la comédienne Hélène Cauët, l’invite à la rejoindre au Conservatoire de Rouen, il n’hésite pas. Un conservatoire dont sont sortis Valérie Lemercier, Franck Dubosc ou encore Karine Viard. « Je jonglais entre mes études et mon travail. Je partais avec ma 2 CV à Rouen et je revenais à 16h30 à Albert prendre mon poste. » Il enchaîne ensuite les pièces et c’est en 1984 qu’il se consacre exclusivement à sa carrière de comédien. Parmi ses rencontres marquantes, Françoise Longeard, figure de proue de la compagnie amiénoise Théâtre 80. De La Vie de Galilée de Brecht au Marchand de Venise de Shakespeare, elle lui offrira ses plus beaux rôles. « Une complicité qui a duré sept ans. » Il entame une nouvelle aventure en 1993, toujours avec Hélène Caüet, en créant la compagnie Issue de secours. La mairie d’Abbeville leur propose une résidence : ils n’imaginaient pas y rester quinze ans. « Au total, nos spectacles ont attiré 50 000 personnes, soit deux fois la population d’Abbeville ! » En 2014, Jean-Louis Happe, ancien collègue d’Albert, lui offre un retour aux sources : le fondateur d’Alpha Picardie, association organisant des séjours adaptés à des personnes souffrant de déficiences mentales, lui suggère d’en prendre la direction. « J’ai tout de suite accepté. Là encore, c’est un métier dans lequel il faut comprendre la psychologie. ». Une belle manière de boucler la boucle.

//Stéphanie Bescond

La chanson d’un gâs qu’a mal tourné de la Cie Issue de secours, le 3 juin, à 15h30, place des Parcheminiers, au Banquet de Saint-Leu, le 4 juin, à 14h, place des Provinces-Françaises et le 4 juin, à 16h30, parvis de l’église Saint-Leu