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Le oui à la Ligue 1, le non de Pelissier

L’ASC a validé son ticket pour une troisième saison en ligue 1. Ce sera la première sans Christophe Pelissier, parti à Lorient. Retour sur ces quatre années qui ont placé Amiens dans l’élite du foot français. 

Le oui à la Ligue 1, le non de Pelissier 1 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

05.06.2019

JDA 914

Décembre 2014. Christophe Pelissier débarque à Amiens juste avant le nouvel an. À son actif ? Avoir emmené Luzenac, petit club de l’Ariège, en Ligue 2. Enfin presque. Elle lui a été refusée. Faute de budget, d’abord. Puis faute de terrain. Fin de l’aventure, début des doutes. Le coup de fil salvateur viendra en plein hiver de l’ASC, qui patauge en National, pour remplacer Samuel Michel, lui-même recruté au pied levé en juin après le départ surprise d’Olivier Echouafni.

 

UNE LONGÉVITÉ RARE

Christophe Pelissier, 49 ans quand il quitte son Sud-Ouest pour Amiens, attendra son sixième match pour goûter à la victoire avec l’ASC. « Je suis arrivé dans les chaussures d’un autre », dira-t-il. Sans son staff, sans promesses mais avec la volonté de s’inscrire dans la durée. Le bail aura duré quatre ans et demi, « une longévité très rare dans le football », rappelle aujourd’hui Bernard Joannin, le président de l’ASC. Parmi les entraîneurs en exercice en Ligue 1, seul Stéphane Moulin, à Angers, a fait mieux. En 2015-2016, pour sa première saison complète, l’ASC tourne à 5 500 spectateurs et sur courant alternatif. En mars, on parle d’un maintien à assurer au plus vite. Pelissier, lui, donne rendez-vous à la dernière journée. Il aura raison. À deux matchs de la fin, un improbable but de Kamara à la 93e minute à Strasbourg le 13 mai et Amiens monte sur le podium. Le retour en Ligue 2 est assuré contre Belfort. Et ça passait déjà pour un exploit.

 

LA BONNE ÉTOILE

La Ligue 2 tant attendue ne sera qu’un passage. Qui l’eût cru ? Amiens, qui visait le maintien, joue très vite les trublions puis la montée. « Si on peut se mettre au milieu de tous ces gros clubs et donner quelques coups d’épaule », fixe alors Pelissier. Le but de Bourgaud le 19 mai 2017 à Reims ressemble à un coup de tonnerre : l’ASC, vieille institution de 1901, monte pour la première fois en Ligue 1. On ne donnait pas cher de ses chances. Et pourtant : et une, et deux, et trois saisons dorénavant pour Amiens après une 15e place et ce maintien acquis lors de la dernière journée le 24 mai face à Guingamp. Ce soir-là, La Licorne a fêté ses héros. Elle ne savait pas qu’elle disait au revoir à Christophe Pelissier et à ces quatre années et demie pendant lesquelles une bonne étoile a veillé sur Amiens. Tellement, que ça ne pouvait pas être juste le fruit du hasard.

//Antoine Caux

Le oui à la Ligue 1, le non de Pelissier 2 © Laurent Rousselin / Amiens Métropole

Christophe Pelissier au coup de sifflet final contre Guingamp : son ultime succès avec l’ASC.      

© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

 

Bernard Joannin : « Partir sur un nouveau cycle »

C’est le vœu du président de l’ASC après le départ de Christophe Pelissier pour Lorient et la Ligue 2. « Je souhaitais garder Christophe [...]. J’avais interdit que des négociations soient ouvertes avec qui que ce soit, a-t-il affirmé au lendemain de l’annonce. Personne ne peut revenir sur ces cinq magnifiques années, et sur tout ce bonheur que l’on a partagé. Mais une fois que la déception est passée, il faut construire une autre histoire. » Bernard Joannin, président depuis 2009, qui avait repéré dès 2011 Christophe Pelissier, a dit vouloir « repartir sur un cycle qualitatif qui va permettre de franchir de nouveaux caps avec de nouvelles personnes ». Avec qui ? « Quelqu’un qui a l’expérience de la Ligue 1 ou des championnats internationaux et qui parle français », dresse-t-il en portrait-robot. L’homme d’affaires sait l’importance pour son club de réussir la passe de quatre dans l’élite. En 2020, les droits télé passeront de 726 M€ par saison actuellement à 1,153 Mds€.