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Les sapeurs pompiers ont investi le Zénith depuis le 19 mai. Visite de ce vaccinodrome qui vient en renfort des quatre centres ouverts en janvier.

Le vaccinodrome entre en piste 1 © Noémie Laval

02.06.2021

JDA 982

LE CHIFFRE

1 000

C’est le nombre moyen d’injections quotidiennes opérées au vaccinodrome amiénois par la soixantaine de pompiers du Sdis, présents de 8h à 20h pour assurer l’ouverture
 de 9h à 18h. Ce centre de grande capacité fonctionne avec l’aide de divers partenaires, dont la préfecture, l’ARS, la CPAM, le Département, Amiens Métropole et le Zénith. Il pourra au besoin monter en capacité.

 

1// L’ARRIVÉE AU ZÉNITH

« Bonjour, vous avez bien rendez-vous ? » « Oui oui. » Et les gens de passer, seuls ou par petits groupes, les grilles du Zénith. Même pour un Samarien ne venant qu’occasionnellement à Amiens, il est difficile de rater le vaccinodrome, tant le bâtiment se détache du paysage. Une grande voilure rouge assortie à ses principaux occupants jusqu’au 31 août : les professionnels ou volontaires du Sdis (service départemental d’incendie et de secours). Un camion de pompiers à l’échelle déployée achève d’orienter le public.

 

2// L’ENREGISTREMENT

Une fois franchie la porte, les futurs vaccinés pénètrent dans le hall. Un pompier leur arrose les mains de gel et les oriente. Pas le temps de se poser, la file bouge constamment. On mise ici sur la fluidité pour atteindre le millier de vaccins délivrés quotidiennement. Et la grandeur du Zénith permet un circuit clair et sans promiscuité. Sous les gradins, cinq postes d’enregistrement. En quelques minutes, chacun renseigne ses coordonnées et répond à un questionnaire minimaliste.

 

Le vaccinodrome entre en piste 2 © Noémie Laval

 

3// LA TEMPÉRATURE

C’est le moment d’entrer dans la salle. Et de faire une première halte devant une autopompe des années 1910 venue d’Albert, un atout déco qui vient en complément d’affiches d’anciennes éditions des Rendez-vous de la BD. « Aujourd’hui, c’est mon poste, témoigne une jeune pompière entre deux mesures par thermomètre frontal. Si quelqu’un a de la température, on le fait attendre quinze minutes et on recommence. Si cela persiste, sa vaccination est à la discrétion des médecins. Généralement, on ne la fait pas. »

 

Le vaccinodrome entre en piste 3

 

4// L’ENTRETIEN MÉDICAL

Vient alors une courte pause dans le parcours. « Nous avons créé ces zones tampons pour juguler les bouchons », explique Franck Olivier, infirmier coordinateur de la vaccination pour le Sdis dans la Somme. Le public est ensuite orienté vers cinq tentes sous lesquelles des professionnels (médecins du Sdis, libéraux, infirmiers) posent des questions et évaluent les contre-indications afin de valider ou non l’étape suivante. « Désormais, les infirmiers peuvent prescrire, ce qui libère du temps médical. On peut fonctionner avec deux médecins et six infirmiers. »

 

Le vaccinodrome entre en piste 4 © Noémie Laval

 

5// LA VACCINATION

Le vaccinodrome compte quatorze postes de vaccination. La plupart des injections sont réalisées par les pompiers. « Ils suivent une formation de quatre heures puis une période de tutorat avec un professionnel de santé qui valide leur pratique », résume Franck Olivier. C’est le cas de Vanessa Duponchelle, volontaire responsable dans le civil d’une salle de sport : « J’en suis à ma huitième journée. On a été bien formés, les gens sont confiants et on essaye de détendre les plus stressés, ça se passe bien ». Avec la réouverture de sa salle le 9 juin, elle se fera forcément moins présente. Mais d’autres prendront sa place.

 

Le vaccinodrome entre en piste 5 © Noémie Laval

 

 

6// LA SURVEILLANCE

 

Le vaccinodrome entre en piste 6

 

Il faut désormais quitter la salle, en repassant sous les gradins par un autre couloir dont une porte ouvre sur un poste de secours de la Croix-Rouge, au cas où. Car, après avoir donné ses documents, chacun attend un quart d’heure en observation pour vérifier que tout va bien – trente minutes pour les antécédents allergiques. Pour l’instant, rien à signaler, touche du bois l’infirmier coordinateur : « Nous n’avons eu que des malaises vagaux ». Après le délai imparti, les vaccinés sont appelés et on leur remet le document attestant qu’ils ont bien reçu leur dose. Le début du soulagement.

//Jean-Christophe Fouquet

• Pour prendre rendez-vous au vaccinodrome : doctolib.fr ou 03 64 46 17 90


La vaccination est désormais ouverte à toute personne de 18 ans et plus


• Autres centres de vaccination au CHU Nord et à l’Espace santé Maurice-Ravel (keldoc.com) ainsi qu’au Pôle des cliniques et à l’Espace Eugène-Viandier de Saleux (doctolib.fr)


• Plateforme régionale : 03 92 04 34 71

 

// En coulisses #1 : la préparation des doses

 

Le vaccinodrome entre en piste 7 © Noémie Laval

 

Les doses sont préparées sur place par une équipe d’infirmiers.
 « C’est la base arrière, sourit Laurence Pincedé, pharmacien colonel. On s’assure de la traçabilité, de la bonne conservation. L’Agence régionale de santé nous indique le nombre de doses que nous allons recevoir. Nous sommes livrés par la pharmacie du CHU et Santé publique France. Tout est congelé à - 20 °C. Pour la préparation, on injecte 1,8 ml de sérum physiologique dans les petits flacons de Pfizer, d’où l’on tire six ou sept seringues. Une fois la dose préparée, elle doit être administrée dans les six heures. »

 

// En coulisses #2 : le call center

Dans les étages du
 Zénith, trois salles 
accueillent le call
 center du Sdis, une
 demi-douzaine de
 postes. Yeux rivés
 sur l’écran et casque
 sur les oreilles, les
 pompiers répondent 
aux interrogations
 des particuliers et
 guident ceux qui peinent pour leur prise de rendez-vous sur doctolib. Soit entre 300 et 400 appels par jour.

 

Le vaccinodrome entre en piste 8 © Noémie Laval

 

// SPECTACLES : LE ZÉNITH ATTEND

 

Le vaccinodrome entre en piste 9 © Noémie Laval

 

En ce 27 mai, l’Orchestre de Picardie, en répétition quasi improvisée au Zénith, distille une ambiance feutrée entre deux cafés offerts par les hôtes. « Tout à l’heure, l’orchestre a joué Bon anniversaire à un homme venu se faire vacciner, confie
 un pompier amusé. C’est sympa, et sûrement une première pour un vaccinodrome ! » C’est aussi un rappel de la destination première du Zénith, qui devrait reprendre une activité « au plus tôt en octobre, d’autant que l’été est habituellement la période des festivals de plein air, rappelle Ana Da Silva, sa responsable communication. Rien n’est sûr, car nous sommes tributaires des réglementations et des tourneurs, qui doivent composer. En attendant, cela met de la vie ». Attendre est aussi le lot de Mégacité, le voisin du Zénith. Comme l’année dernière, la Foire-exposition n’aura pas lieu en juin mais en octobre (du 14 au 18). « Une décision de bon sens, explique Marc Zeitoun, le directeur du centre d’exposition et de congrès. Les délais sont trop courts pour une procédure de contrôle du pass sanitaire.
 C’est l’un des plus grands événements économiques des Hauts-de-France. 
Il doit être organisé dans les meilleures conditions de
 sécurité. »

//Jean-Christophe Fouquet et Lysiane Voisin

//Photos Noémie Laval