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LepidUp élève à Amiens des chenilles bombyx eri destinées à l’alimentation des nouveaux animaux de compagnie. Une première en France. 

Le ver à vapeur  © Laurent Rousselin / Amiens Métropole
Vianney Patrat-Delon et Boris Mirvaux ont développé leur projet au sein de l’incubateur accélérateur d’Amiens Cluster.
© Laurent Rousselin / Amiens Métropole

04.03.2020

JDA 940

Un élevage pas comme les autres niche au-dessus de la repasserie Ozange. Au 30, route d’Abbeville, la vapeur et la chaleur dégagées au rez-de-chaussée sont une aubaine calorifique (80 % d’humidité et 21°C) pour les chenilles bombyx eri. Ces insectes possèdent de nombreuses qualités nutritives et permettent de diversifier l’alimentation des nouveaux animaux de compagnie insectivores tels que les caméléons. Dans la dizaine de mètres carrés équipés d’un récupérateur des énergies générées par la repasserie, plus de 10 000 chenilles sont élevées « jusqu’au papillon de nuit philosamia ricini qui produit les œufs », indiquent Vianney Patrat-Delon et Boris Mirvaux. Ces deux ingénieurs amiénois diplômés de chimie, lauréats 2018 du Challenge Amiens Campus, ont officialisé fin novembre l’activité de LepidUp, leur startup tout droit sortie du cocon d’Amiens Cluster, au Quai de l’innovation.

 

RECHERCHE SUR
 DES BIO-PANSEMENTS

« Cette chenille, qui peut mesurer huit centimètres et peser jusqu’à six grammes, est généralement importée et très difficile à trouver, souligne le duo. Nous sommes positionnés sur un petit marché et un créneau exclusif sans concurrence en France. Mi-février, nous avons réalisé nos premières ventes. Les chenilles, à terme en une dizaine de jours, se nourrissent de laurier palme et de troène que nous récupérons chez les particuliers habitant à moins d’une dizaine de kilomètres autour d’Amiens. » LepidUp prône une activité « durable, locale et à taille humaine », ajoutent les deux ingénieurs qui espèrent d’ici un an créer de l’emploi via l’insertion et élever plus de 20 000 spécimens. Car l’activité doit aussi soutenir la recherche fondamentale du laboratoire de glycochimie, des antimicrobiens et des agroressources de l’UPJV qui étudie « des bio-pansements à partir de peau de chenille. C’est Albert Nguyen-Van-Nhien, professeur à l’UPJV et troisième associé de LepidUp, qui nous a informés du projet ». La chenille bombyx eri, un insecte d’avenir.

//Ingrid Lemaire