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Les vieilles pierres font parler d’elles les 27 et 28 avril pour les Journées des villes fortifiées. L’occasion de retracer l’histoire des remparts d’Amiens. 

Les fortifications, 
ces lignes qui bougent 1 © Amiens Métropole d'art et d'histoire
L’évolution des enceintes avant la construction de la citadelle, un plan issu d’Histoire de la ville d’Amiens, d’Albéric de Calonne (1899).
© Amiens Métropole d'art et d'histoire

24.04.2019

JDA 910

Deux actualités remettent les remparts d’Amiens dans la lumière. La visite, d’abord, de la citadelle le 27 avril lors des Journées euro-régionales des villes fortifiées, qui amorce d’ailleurs leur ouverture au public tous les week-ends. La récente découverte, ensuite, de vestiges de l’ancienne enceinte urbaine : les travaux du réseau de chaleur, suivis attentivement par le service d’archéologie préventive d’Amiens Métropole, ont exhumé il y a quelques semaines boulevard du Port-d’Aval plusieurs tronçons de cette enceinte des XVe et XVIe siècles. Ces découvertes « éclairent notre perception de l’architecture militaire de la ville durant cette période, commente Richard Jonvel, archéologue médiéviste. Il s’agit de la fondation de la tour du Vidame, à l’angle nord-ouest, et d’un tronçon du rempart ouest ».

 

CONSERVÉS EN 3D

En grès, de deux mètres d’épaisseur avec des ouvertures pour assurer la défense, les remparts ont été auscultés puis “conservés” en image numérique – les travaux les ont en effet voués à la destruction. Ils ne sont pas les seuls vestiges à avoir refait surface : quelques mètres plus loin, un autre tronçon, plus fin, date de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Car les remparts ont évolué au fil du temps.

Les fortifications, 
ces lignes qui bougent 2 © Service d'archéologie préventive d'Amiens Métropole

Les vestiges de l’enceinte du XVe siècle découverts Port-d’Aval ont été numérisés.

© Service d'archéologie préventive d'Amiens Métropole

 

AVANT LA CITADELLE

À la période gallo-romaine, Amiens, ou plutôt Samarobriva, s’arrêtait au sud de l’emplacement de la future cathédrale. Son enceinte fortifiée (IVe siècle) ne dépassait pas les 20 hectares. Avec la récession de la ville et les invasions barbares, il faudra attendre le Xe siècle pour que ces limites deviennent obsolètes. Puis la fin du XIIe siècle pour que des remparts, dits de Philippe Auguste, ne soient érigés. Ces derniers partaient de la porte Montrescu (future entrée sud de la citadelle complétée au XIVe siècle) et encerclaient les canaux par les boulevards du Jardin-des-Plantes et du Cange. Puis ils faisaient un tour de la ville, s’arrêtant au sud au niveau de la rue des Trois-Cailloux.

 

DESSERRER LA CEINTURE

Amiens marquait alors la frontière avec l’Artois. D’où des renforcements des remparts dès le XIVe siècle, notamment pour les épaissir et agrandir la ville, désormais fortifiée selon l’actuelle ceinture de boulevards – l’ancienne ceinture “intérieure” disparaîtra avant la fin du siècle suivant. Sous Louis XI, les fortifications continuèrent de se développer. Puis ce fut la prise d’Amiens par les Espagnols en 1597 par la porte Montrescu. Ce qui força Henri IV à assiéger “sa” ville. Amiens y perdit son autonomie militaire, le roi décidant d’y implanter des garnisons. Pour cela, il fallait une... citadelle, dont la construction fut confiée à Jean Errard de Bar-le-Duc. En 1630, le plus gros était fait. Suivirent les demi-lunes (excroissances triangulaires), dont trois ont survécu. Ce sont bien les seules : au début du XXe siècle, il ne restait plus rien des différentes enceintes d’Amiens.

//Jean-Christophe Fouquet

 

Journées euro-régionales des villes fortifiées : la citadelle – Visite guidée le 27 avril, à 15h – Rendez-vous
 sur la place d’Armes – Entrée libre

 

Remparts : on peut y grimper !

Lors de la visite de la citadelle du 27 avril, ses remparts seront pour la première fois accessibles
 aux visiteurs. Puis, dans la foulée, tous les vendredis, samedis et dimanches, par sentier, escalier ou ascenseur. Une nouvelle palissade a été installée et les arbres malades présentant un danger ont 
été abattus. De quoi redécouvrir la ville en prenant de la hauteur et en flânant au cœur de la verdure. Cette ouverture marque une étape supplémentaire dans la réappropriation par les habitants et les touristes de cet endroit fermé au public pendant des décennies. Redessinée par l’architecte Renzo Piano, la citadelle a repris vie avec l’arrivée des étudiants de l’UPJV 
en septembre dernier. Chacun est désormais libre d’y pénétrer. Un “verrou” de la ville a sauté. Et un nouveau parc est né, bientôt agrémenté d’aménagements dédiés.

Les fortifications,
 ces lignes qui bougent 3 © Sébastien Coquille / Amiens Métropole

© Sébastien Coquille / Amiens Métropole

 

À Boves, spectrale motte castrale

Brève chronologie de la motte castrale de Boves dont il ne reste
 que deux pans de murs, vestiges d’une tour, qui dominent la commune.

Fin du IXe siècle : fortification du promontoire de Boves, un domaine rural carolingien, une résidence aristocratique en bois. On y travaille l’or.

XIe siècle : les seigneurs de Boves s’installent. Plusieurs bâtiments vont se succéder, dont une première tour en pierre.

Fin XIIe siècle : le château devient une vraie forteresse avec donjon, qu’assiège Philippe Auguste. Le roi récupère le comté d’Amiens suite au traité de Boves de 1185.

XIIIe siècle : boom démographique à l’origine du village actuel.

XIVe siècle : construction d’un nouvel édifice par le fils du duc de Lorraine. Il reste des vestiges de l’une de ses quatre tours.


Fin du XVIe siècle : la lignée de Lorraine tombe en disgrâce avec la mise en échec de la Sainte Ligue par Henri IV.

Début du XVIIe siècle : le château est démantelé. Ses pierres sont réutilisées pour un autre château en fond de vallée, détruit en 1917.

1996 : chantier de fouilles par l’UPJV, jusqu’en 2013. Puis depuis 2014 sous la direction du service d’archéologie préventive d’Amiens Métropole.

 

Journées euro-régionales des villes fortifiées : la motte castrale de Boves

Visite guidée le 28 avril, à 11h

Rendez-vous au cimetière, chemin de la Montagne – Entrée libre

Les fortifications,
 ces lignes qui bougent 4 © Fondation Architectes de l'urgence

© Fondation Architectes de l'urgence