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L’espace Camille-Claudel accueille les visions modernistes et brutalistes dépouillées de Nicolas Moulin, plasticien installé à Berlin. Vernissage le 7 décembre. 

Les spectres des utopies  © Nicolas Moulin
Grus̈se Aus WHHGT85 01 (2013).

© Nicolas Moulin

28.11.2018

JDA 895

Entre 1999 et 2001, il a vidé Paris de ses habitants en cinquante photos – évidemment retouchées. En 2018, après des expositions à New York, Rio, Beyrouth, Séoul ou Tokyo, Nicolas Moulin vient remplir l’espace Camille-Claudel, au sous-sol de la bibliothèque du pôle universitaire cathédrale : photographies, installations, dessins... L’exposition Amaurote, du nom de la capitale de L’Utopie de Thomas More, retrace les dix dernières années de travaux du plasticien à l’initiative de l’Association pour le développement de l’art contemporain, dirigée par Barbara Denis-Morel. Docteure en histoire de l’art, celle-ci voulait « depuis longtemps » exposer ce « maître absolu de l’espace ». Voilà chose faite avec la galerie Valentin, la collection Uhoda, la Drac, la Région et l’université de Picardie Jules-Verne, Natif du Val-d’Oise, ce jeune papa quadra connaissait déjà Amiens pour y être passé lors de virées photographiques sur la côte – sans oublier d’immortaliser les constructions Perret, « l’un des plus grands architectes de l’âge moderne », selon lui. Marqué dans sa jeunesse par la fin de la Guerre froide, l’artiste, désormais berlinois, questionne la chute des empires et leurs vestiges : « Les utopies et dystopies me fascinent ». Y compris les « projets inachevés, vastes squelettes de béton », qu’il assimile à des éléphants blancs : « Ce n’est pas tant l’architecture qui m’intéresse que ce dans quoi elle s’insère et la confrontation de l’homme à la solitude – une forme de romantisme ». Un romantisme qui voit large, jusqu’aux utopies spatiales et la SF. Nicolas Moulin porte, rivée sur sa tête, une casquette du Nostromo, le vaisseau d’Alien : « En ce moment, je dessine des astéroïdes en très grand format à base de photos de la Nasa ». Ce « pessimiste à court terme mais optimiste à long terme » ne néglige pas non plus la musique. Il a ainsi fondé un label indépendant électro, Grautag Records, dont il signe les pochettes de disque. Une autre corde à un arc désenchanté.

//Jean-Christophe Fouquet

Amaurote, jusqu’au 1er mars, espace Camille-Claudel (placette Lafleur)


Vernissage le 7 décembre, à 18h