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Hilarant autant qu’émouvant, Olivier Broche interprète dans moi et François Mitterrand un homme ordinaire qui rêve de s’élever à la hauteur des grands.

Lettres au président © Giovanni Cittadini Cesi
« Je n’en fais pas une affaire d’État et n’en tire aucune gloire personnelle, mais à partir de 1983, François Mitterrand et moi avons entretenu une correspondance assidue. »
© Giovanni Cittadini Cesi

16.05.2018

JDA 877

« Je n’en fais pas une affaire d’État et n’en tire aucune gloire personnelle, mais à partir de 1983, François Mitterrand et moi avons entretenu une correspondance assidue. » Sur ces mots, le comédien Olivier Broche entame ce qui ressemble à une conférence. Seul sur la scène transformée en bureau, où trône le portrait de l’ancien président, il incarne Hervé Laugier. Un homme ordinaire bien décidé à révéler enfin sa relation épistolaire avec François Mitterrand, puis avec ses successeurs. Pour accompagner son entrée en musique, il fait jouer un lecteur CD. Et grâce au rétroprojecteur, il parfait sa démonstration, images à l’appui. Hervé écrit au président comme à un ami, confie ses peines de cœur, la perte de sa chatte Tchoupette, ses vacances, le chômage, et prodigue ses conseils. Mais en retour, toujours la même lettre formatée, ponctuée ainsi : « Vos remarques seront prises en considération »...

LA TÊTE DANS LES ÉTOILES

Tout le sel de la pièce réside dans l’assiduité naïve d’Hervé à déceler malgré tout, dans ces lettres types, de l’affection, voire de l’amitié, et même une certaine influence sur le chef d’État. L’auteur Hervé Le Tellier, par ailleurs Grand prix de l’humour noir avec Contes liquides (2013), et dont le livre sorti en 2016 a été aussitôt adapté pour le théâtre, souligne le contraste entre la bonhomie de son antihéros et la froideur de l’administration, entre le réel et sa perception. À la fois dans l’exaltation et la retenue, Olivier Broche, ancien membre des Deschiens, joue, lui aussi, des paradoxes. Ceux d’un homme seul et banal, qui croit en la République et rêve d’un sort meilleur. « Un être les pieds dans la boue et la tête dans les étoiles, c’est forcément beau et drôle », considère le metteur en scène Benjamin Guillard.

//Candice Cazé

Moi et François Mitterrand, les 23 et 26 mai, à 19h30, et les 24 et 25 à 20h30, 
à la Comédie de Picardie 03 22 22 20 20