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La plateforme de tri amiénoise de Veolia accueille depuis cet été un robot doté d’intelligence artificielle. Une première européenne. Son petit nom : Max AI. 

Max, l’œil du tri  © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
Dans le viseur de Max : les corps creux, évacués avant qu’un opérateur n’affine le tri.
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

17.10.2018

JDA 891

Venu des États-Unis via la société BHS, il est arrivé chez Veolia, à l’espace industriel nord, en juin. Depuis, il continue sa formation. Max AI (comme intelligence artificielle) peut voir grâce à sa caméra couleurs, analyser selon une base de données et agir grâce à une ventouse dirigée par trois bras. « Il s’agit du premier robot à intelligence artificielle dédié au tri de déchets ménagers en Europe », assure Bernard Harambillet, directeur général France de Veolia RVD (recyclage et valorisation des déchets). D’autres suivront pour « répondre aux exigences de la loi de transition énergétique et valoriser au mieux les déchets dans une logique d’économie circulaire ». Objectif : réduire la proportion des déchets non recyclés tout en « renforçant la sécurité et le confort de travail en allégeant le geste de tri ».

60 GESTES PAR MINUTE

Max place ainsi Amiens à la pointe du secteur. Le site Veolia de l’espace industriel nord, qui reçoit 22 000 tonnes de déchets collectées par an, avait déjà été modernisé en 2013 et 2016, se distinguant par un système de tri téléopéré. Quant à Max, il pourra « effectuer 60 gestes de tri par minute, soit une fois et demie plus qu’un opérateur », estime Anne Thevenot, directrice technique et performance France. Il n’a pas encore atteint cette cadence. Actuellement sur une ligne de “gros de magasin”, mélange de papier et de cartons – matières fibreuses souvent déchirées et en petits formats –, Max se charge d’extraire du lot, déjà dégrossi, les indésirables. Surtout des corps creux, type bouteilles en plastique.

ENTRAÎNEMENT CÉRÉBRAL

Début 2019, Max s’installera sur une autre ligne plus dense et spécifique où il triera différents plastiques. Mais pour l’instant, il apprend – d’autant que les déchets américains ne sont pas identiques à ceux des Français. Pour cela, « il intègre des dizaines de milliers de photographies », illustre Dorothée Lenes, directrice de programme en recherche et innovation : « Petit à petit, la frontière des possibles recule. Maintenant, nous savons développer des réseaux de neurones et les entraîner ». Ce qui demande des moyens, notamment humains, avant, pendant et après Max. Selon sa direction, Veolia emploie d’ailleurs 150 personnes dans l’Amiénois pour l’ensemble de sa chaîne de production.

//Jean-Christophe Fouquet