Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

Christophe Pelissier, 50 ans, est un entraîneur récidiviste des accessions en ligue 2. Elle lui avait été refusée avec le petit poucet Luzenac. Deux ans après, il la vivra enfin avec Amiens. Sans esprit de revanche.

Montée Christophe  © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Amiens a toujours baigné dans le foot »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

15.06.2016

JDA 802

Il y avait assurément du bluff quand, dès mars, Christophe Pelissier martelait match après match que tout se jouerait à la dernière journée. Peu croyaient en ses chances de ramener Amiens en Ligue 2. L’histoire vient pourtant de lui donner raison. Dix-huit mois après son arrivée, l’homme, désiré depuis longtemps par le président Joannin, a posé son empreinte. Sans toucher à la déco de son bureau. Comme cette photo de l’équipe de Denis Troch finaliste de la Coupe de France en 2001 – « Il m’a dit un jour que je pouvais l’enlever. Je lui ai répondu : “Quand j’en aurai fait autant” ».

 

L’AMOUR DU SPORT
Sur la carte de France, à côté, cet amateur de bouillabaisse et d’endives au jambon nous montre Revel, son fief, à 900 km de la Picardie, au cœur du triangle Toulouse-Carcassonne-Castres dont il a la rocaille dans la voix. C’est ici que ce papa de deux grandes filles a grandi. Avec pour ami le rugbyman Laurent Labit, entraîneur du Racing 92, qu’il retrouvera cet été à siroter du Get 27, cette liqueur créée à la fin du XVIIIe siècle à… Revel. « Chez nous, tu fais du foot ou du rugby. » C’est à Revel qu’il devient éducateur sportif en 1989. À Revel qu’il perce dans le foot. Et quand le milieu défensif découvre le National en 1993, c’est à 60 km, à Muret, près de Toulouse, aux côtés notamment de Dominique Armand (journaliste à Canal +) et d’un tout jeune Éric Carrière.

 

LE MINIBUS À LUZENAC
Ce n’est pourtant pas Revel ni Muret, mais Luzenac, 500 habitants en pays cathare, où Christophe Pelissier débarque en 2007, qui va le faire connaître. « J’ai tout fait. Même conduire le minibus. » Il conduira surtout le club ariégeois en National en 2009. « Je suis alors devenu entraîneur à plein-temps ». Et de National en Ligue 2 en 2014. Luzenac fait la une pour son exploit. Puis pour ses déboires. La DNCG, gendarme financier du foot français, refuse la montée. Avant de se rétracter. Il se souvient : « Le mercredi, on avait le feu vert. Le vendredi, la Ligue de football professionnel invalidait le terrain que l’on avait trouvé à Toulouse. Là, tu te dis qu’on ne veut pas de toi… » L’aventure et le club s’arrêtent en septembre. La saison est lancée, le téléphone ne sonne pas. Jusqu’en octobre. Créteil le veut. « Mais la direction technique nationale intervient et exige le diplôme d’entraîneur professionnel que je suis en train de passer », souffle-t-il. Amer mais pas revanchard : « Quand tu es trop dans la revanche, ce n’est pas sain ». En décembre 2014, la proposition d’Amiens – « qui a toujours baigné dans le foot » – ne se refusera pas. Depuis peu, la Ligue 2 non plus.

//Antoine Caux