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Depuis novembre, des restaurateurs bichonnent les œuvres du Musée de Picardie. Une mise en lumière avant sa réouverture le 1er mars.

Musée, l’institut de beauté © Laurent Rousselin - Amiens Métropole

05.01.2020

JDA 9035

Sur un chantier, le temps des finitions peut s’avérer long et minutieux. En plus de celles propres aux bâtiments anciens et nouveaux, une équipe de 18 restaurateurs soignent depuis novembre les œuvres – toutes collections confondues – qui seront admirées au Musée de Picardie à sa réouverture, le 1er mars. Juliette, mandataire de ce passionnant chantier de restauration, coordonne cette équipe au chevet des peintures, sculptures, objets archéologiques… « On a des spécialités différentes qui nous permettent de traiter tous les supports, décrit-elle. Nous travaillons en continu en étroite collaboration avec les équipes du Musée, qui gèrent la rotation des œuvres. » Au premier étage, un salon leur tient lieu d’atelier.

 

CONSTATS ET CONSEILS
Dans cette salle, les peintures retrouvent entre leurs doigts de fée tout leur éclat. « C’est amusant de passer d’une époque à une autre, d’un peintre à un autre, et de redonner de la lumière à des tableaux parfois très encrassés », décrit Marielle. Ces restaurateurs ont pour mission de « bichonner » les œuvres avant le réaccrochage. « Nous procédons à de légères restaurations – dépoussiérage, petites retouches, nettoyage des cadres…, et relevons d’éventuels problèmes, comme des altérations, des soulèvements qui pourront faire l’objet d’une restauration ultérieure », poursuit Juliette. L’équipe a créé une base de données pour recenser les interventions plus lourdes. « Nous avons également un rôle de conseil pour la manipulation et la présentation des œuvres. Nous proposons des solutions pour les supports d’exposition et faisons remonter les informations concernant les zones fragilisées. »

 

UNE COLLECTION MAGNIFIQUE
Au sous-sol, un cercueil égyptien fait actuellement l’objet d’un dépoussiérage poussé et d’une fixation de sa couche picturale. Un travail riche et varié qui permet à ces  professionnels venus de différentes régions d’avoir une vision d’ensemble. « C’est une collection magnifique, affirme Virginie. C’est un plaisir d’échanger avec les collègues, de voir autant de tableaux. D’habitude, on travaille des semaines sur une seule oeuvre. » Pas loin de 700 trésors, cadres compris, seront passés entre leurs mains. Parmi eux des Guardi, des Ribera, des tableaux de Primitifs italiens, flamands et quelques contemporains. Dans le salon attenant, les toiles restaurées sont entreposées, protégées et étiquetées du nom de leur future salle d’exposition. Sur les 2 000m2 du 1er étage fermé au public depuis plus de dix ans, et dans le grand salon, 450 peintures et une centaine de sculptures s’offriront sous leurs plus beaux atours. Une restauration décidément alléchante.

//Coline Bergeon

 

Près de 200 nouveautés

Musée, l’institut de beauté © Musée de Picardie / Irwin Leullier

© Musée de Picardie / Irwin Leullier

La rénovation du Musée de Picardie s’accompagne d’une réflexion sur les collections. Et est l’occasion de présenter aux visiteurs quelques nouveautés : entre 150 et 200 peintures et objets. Certaines sont dans les réserves depuis des décennies, « d’autres acquises ou déposées par des institutions comme les Musées de Cluny et d’Orsay », détaille Laure Dalon, sa directrice. Parmi ces pépites : un fragment du Jubé de la cathédrale – Puy daté de 1499 récemment acquis –, une copie ancienne du Radeau de la Méduse d’après Géricault, Dante et Matilda d’Albert Maignan ou Les Parisiens au bord de la mer de Maurice Denis (photo), « un achat important jamais exposé ».