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Chaque année, le village honore la mémoire du Gabonais Jean-Baptiste Ntchoréré inhumé dans le cimetière après avoir été tué au combat le 8 juin 1940. La veille, son père était exécuté à Airaines.

Ntchoréré, l’enfant de la patrie © Antoine Caux. Médaillon : Jacky Moiffo collection famille Ntchoréré

22.05.2019

JDA 913

Ntchoréré, l’enfant de la patrie © Antoine Caux. Médaillon : Jacky Moiffo collection famille Ntchoréré

Seul le grincement de la grille en fer forgé à l’entrée interrompt la quiétude du petit cimetière de Remiencourt. Ici repose Jean-Baptiste Ntchoréré. Très loin de Libreville au Gabon d’où il est parti à 18 ans pour la France et son  armée. Jean-Baptiste Ntchoréré faisait partie du 2e régiment d’infanterie coloniale. 8 juin 1940. Les Allemands progressent vite. La 4e division d’infanterie coloniale et le régiment de Ntchoréré les affrontent dans un Remiencourt déserté. Les combats sont âpres. Se terminent à l’arme blanche. Le caporal Jean-Baptiste Ntchoréré est tué. À la fleur de l’âge et à 5 500 km de chez lui. La veille, son père, le capitaine Charles Ntchoréré, était exécuté par les nazis à Airaines, à 45 km de là, pour avoir refusé de se mettre à part des officiers blancs. Tragique destinée que celle de ce soldat, déjà sur le front pendant la Grande Guerre, et de l’aîné de ses trois fils. Deux symboles de ces morts pour la France que, même gradés, personne n’a pleurés à l’époque, parce que Noirs et venus d’ailleurs.

 

UN JUMELAGE AVEC LIBREVILLE ?
Pourtant, Remiencourt, 180 habitants, n’a jamais oublié. Ni ces tirailleurs à qui une stèle est dédiée devant l’église. Ni son “héros” enterré dans le village. Un Gabonais que l’on pensa longtemps tchadien jusqu’en 2011 et l’enquête du journaliste Jacky Moiffo sur Charles : « Je cherchais la tombe de Jean-Baptiste. Je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur sur ses origines, confie-t-il. Ça dit beaucoup du mépris des autorités françaises pour les soldats africains… Heureusement, la mairie de Remiencourt est tellement reconnaissante ». Le maire Hugues de Francqueville a même imaginé un jumelage avec le 2e arrondissement de Libreville. En 2012, Jacky Moiffo était revenu à Remiencourt avec un descendant de Jean-Baptiste, Alfred : « Le premier Ntchoréré à se recueillir sur la tombe de son aïeul ».

//Antoine Caux

 

Commémoration à Remiencourt, le 25 mai, à 15h30, et vernissage de l’exposition L’Entre-deux-guerres, à 16h30, à l’église