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Parti côtoyer l’élite du handball dans le Béarn pendant sept ans, l’entraîneur Tarik Hayatoune est revenu dans sa Picardie natale en 2013, désiré par l’ambitieux APH pour l’élever vers le haut niveau. Avec succès.

Prophète en son pays © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« J’emmène tout le monde sur une ligne directrice. Mais le projet appartient aux joueurs »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

12.11.2015

JDA 776

C’est l’histoire d’un match de dernière minute contre l’équipe du Japon, une opportunité saisie par les dirigeants pour faire un peu de recette, qui emballe tout le monde à l’Amiens Picardie Handball. Tout le monde, sauf le coach Tarik Hayatoune pour qui cette exhibition ressemble plus à un hara-kiri dans la préparation du match contre Nantes, le 14 novembre, en championnat. Dans l’univers des entraîneurs, l’homme est jeune : 33 ans. C’est moins que certains de ses joueurs. Ça ne l’empêche pas de dire tout haut ce qu’il pense. « On est venu me chercher pour que ce soit carré », dit-il sans rancune. Sur son CV : une saison en première division après six en Pro D2 avec Billière dans le Sud-Ouest. Cette deuxième division, Amiens voudrait la découvrir. Hayatoune la retrouver. En 2013, l’un et l’autre unissent leur destinée. À l’époque, le club a déjà les dents longues. Et depuis deux ans, recrute des joueurs pros contre une reconversion professionnelle dans les métiers de la fibre optique, le secteur de Joël Péron, homme fort au club. L’arrivée de Tarik Hayatoune est l’étape suivante. Posté dans le haut niveau depuis ses 24 ans, l’ancien gamin d’Albert, ex-pensionnaire du pôle espoirs d’Amiens, apporte son expérience à un APH qui n’a connu rien d’autre que l’amateurisme. Adieu soleil, foie gras et Jurançon. Re-bonjour la famille.

 

CHOPIN DANS LA VOITURE
La stratégie paye : l’équipe écrase la saison 2014-2015 avec 21 victoires en 22 matchs, la montée en Nationale 1 et même le titre de champion de France de
N2 ! « Tu fais un “sport co” pour vivre ce genre de truc, confie ce tout jeune papa. Je demande toujours à mes joueurs à quoi ils penseront à la fin de leur carrière et il ne peut y avoir qu’une réponse : les aventures humaines ! » Lui qui écoute Chopin dans la voiture le menant au match, parle bien. Notamment de sa fougue d’encadrant qui l’a très tôt porté vers le coaching. « Un choix précoce mais prémédité », lâche le bardé de diplômes en préparation physique du côté de Lyon qui était déjà entraîneur-joueur à Abbeville à 22 ans. Ce fan de Zidane, Jordan et Federer – « pour leur exigence avec eux-mêmes » – mais jamais des réactions à chaud, se voit comme « un déclencheur ». « J’emmène tout le monde sur une ligne directrice. Mais le projet appartient aux joueurs. » Son groupe, renforcé du champion de France 2014 Touati et des deux premiers contrats professionnels de l’histoire de l’APH (Ouedraogo et Souid), a de l’allure. Et une seule défaite en cinq matchs. Lui tempère : « Le club est encore jeune ».

//Antoine Caux