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Quand Amiens accueillait le Grand Prix de France

La F1 a repris ce week-end et le JDA plonge en juillet 1913 : les bolides de l’époque se donnaient rendez-vous à Amiens pour l’épreuve française. À retrouver dans un livre des éditions encrage.

Quand Amiens accueillait le Grand Prix de France © BnF
La Peugeot de Jules Goux devant les tribunes à la sortie de Longueau. Les pilotes embarquaient un mécanicien.
© BnF

08.07.2020

JDA 951

«Il faut imaginer un monde fou, beaucoup de fumée, des cris, un bruit considérable… » C’est un événement planétaire et pourtant presque invisible dans l’histoire amiénoise que raconte Pierre Bou dans la collection Amiens un jour des éditions Encrage. Le 12 juillet 1913, le sport automobile, peut-être encore balbutiant mais déjà mondial, en découd à Amiens pour le Grand Prix de l’Automobile Club de France. Les Peugeot, Delage, Sunbeam et autres Excelsior embarquent 180 litres d’essence sur un tracé de 31,6 km allant de Longueau à Moreuil via Domart-sur-la-Luce, avant un retour par Thennes et Boves à boucler 29 fois. Georges Boillot avalera en tête les 916 kilomètres en 7 heures et 53 minutes à 116 km de moyenne devant Jules Goux (vainqueur cette année-là des 500 miles d’Indianapolis) pour un doublé de la marque au lion. D’immenses tribunes « drapées du velours d’Amiens », détaille Pierre Bou, furent construites à Longueau, juste après l’épingle dite de La Fourche qui correspond à l’actuelle station-service Total. Un habitant de Boves perdra la vie, percuté par Lee Guinness qui finissait dans l’Avre après l’éclatement d’un pneu. Boillot, lui, décédera trois ans plus tard au combat dans les airs. La Grande Guerre passait par là, gommant les vies, les paysages et le souvenir de ce 12 juillet. 

 

La Sunbeam de Lee Guinness tombée dans l’Avre à Boves, tuant un spectateur.

Quand Amiens accueillait le Grand Prix de France © BnF

© BnF

//Antoine Caux

 

« À l’époque, c’est la plus grande course automobile d’Europe et peut-être du monde »

Pierre Bou, auteur de 12 Juillet, Le Grand Prix de l’Automobile Club de France

 

Le chiffre

100 000

C’est le nombre de spectateurs que rassemble le Grand Prix d’Amiens. Par manque d’hôtels, on raconte que des gens dorment à la gare, que les riverains du circuit construisent des tribunes de fortune et que des agriculteurs s’improvisent cafetiers.