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À 31 ans, Baptiste Carême, ex-n°1 Français du double, a dit stop au très haut niveau à cause de sa hanche. Sa reconversion l’a amené à Amiens sans vraiment ranger les raquettes.

Raquette get no © Laurent Rousselin – Amiens Métropole
« Le simple me fait ch… Alors que la vitesse du double me plaît »
© Laurent Rousselin – Amiens Métropole

01.02.2017

JDA 826

Il sera le seul régional de l’étape lors des championnats de France à Amiens (2 au 5 février). Avec ce sentiment « de jouer à domicile », affirme-t-il. Pourtant, il y a cinq mois, la cité picarde ne disait rien à Baptiste Carême, incapable de se souvenir que c’est là, en 2011, qu’il a remporté le premier de ses cinq titres nationaux en double messieurs et l’un de ses quatre en double mixte. Son retour, on le doit à la fusion des régions. En septembre, le gamin de Grande-Synthe, près de Dunkerque, fils du maire écolo de la commune surnommé “le maire des migrants” pour son implication dans l’aide aux réfugiés, a été nommé à la direction de la jeunesse et des sports, l’une des rares qu’a conservées Amiens. Une reconversion préparée mais que ce trentenaire, yeux et barbe noirs, qui fut classé 27e joueur mondial, n’imaginait pas si précoce.

 

« JE FINIRAI AVEC UNE PROTHÈSE »
Octobre 2015 : douleurs à la hanche. Les cartilages sont abîmés. Le joueur fait des infiltrations. Puis une croix sur sa carrière de haut niveau et ses rêves de JO : « Quoiqu’il arrive, je finirai avec une prothèse de hanche ». Fini les tournois à travers le monde : l’Inde, la Chine, la Malaisie… « Quand tu joues, tu ne penses pas forcément à la chance que t’as. Aujourd’hui, quand je vois les autres partir pour les grandes compétitions… » Au moins, ce garçon « difficile » au niveau alimentation, qui déteste le poisson (un comble quand on a grandi dans un port), les légumes et les épices n’aura plus à subir la nourriture asiatique. Mais sait qu’il devra faire attention pour garder la ligne, lui qui se goinfrait de gâteaux et de pizzas, jeune, au pôle de haut niveau de Châtenay-Malabry.

 

LE DOUBLE EXCLUSIVEMENT 
Il le reconnaît, la transition est délicate. Consulte deux fois un psy : « Ça va, il y a des sportifs qui n’ont rien à côté. Moi, j’avais mes études ». Le néo-retraité se ménage sans abandonner le “bad”. Continue de jouer avec Aulnay-sous-Bois en Top 12, la première division des interclubs. D’aller taper le volant avec ses nouveaux amis de l’Amiens UC. Ou de se présenter à ces championnats de France. Certes en mode cool mais tête de série n° 3 en double aux côtés de Sylvain Grosjean : « Je n’ai pas un gros smash, alors je m’associe toujours à un cogneur… ». Double messieurs, double mixte. Baptiste Carême n’a pas commencé le badminton très jeune, à seulement 10 ans en suivant ces parents qui le pratiquaient en loisir. Mais il a vu double très vite. Exclusivement dès ses 16 ans. « Le simple, ça me fait ch…, se marre-t-il. La vitesse du double me plaît. » Moins l’écart des gains avec les joueurs de simple : « En tant que n° 1 français, je gagnais 1 500 € par mois ». Moins, également, les conditions plus restrictives de qualification pour les jeux Olympiques. En même temps, Tokyo 2020 et ses sashimis…

//Antoine Caux