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Rencontre avec l’un des plus célèbres amiénois, Lafleur. Ce joyeux justicier et héros populaire vous invite à le découvrir plus jeune que jamais dans une nouvelle pièce.

Robin de bois © Laurent Rousselin-Amiens Métropole

20.12.2017

JDA 861

Veste de laquais en velours rouge, bas rayés, chemise et tricorne sur la tête... Un costume qui depuis plus de deux cents ans lui colle à la peau et le rend reconnaissable entre tous. Lafleur, héros des cabotans, ces marionnettes à tringles et à fils dont Amiens fut la capitale au XIXe siècle avec plus de 70 lieux dédiés, sort tout juste de répétition. Il nous reçoit chez lui, à Saint-Leu, dans son théâtre offert en 1997 par la Ville à sa troupe Chés Cabotans d’Amiens, rue Édouard- David – « du nom d’un auteur et poète picard qui écrivit et fit beaucoup pour nous », chuchote-t-il. Cette compagnie fondée par Maurice Domon en 1933 contribua aussi à les sauver de l’oubli. Au chaud depuis vingt ans, après avoir connu les scènes démontables et l’itinérance « jusqu’au Japon ! », c’est là qu’il se donne désormais en spectacle et fait rire dans des pièces tout public où le picard, sa langue, occupe une place prépondérante. On est surpris de le découvrir sans chapeau et sans veste. Un poil rajeuni aussi... « grâce au savoir-faire de Michel Petit, artiste talentueux qui me sculpte depuis vingt ans ». C’est que, depuis le 10 décembre, il rejoue ses jeunes années dans Valet à louer ou sur un malentendu.

 

UN RETOUR AUX SOURCES

« On assiste à ma rencontre avec Sandrine, qui deviendra ma compagne, et à l’introduction du personnage de Papa Cucu notre futur propriétaire », dévoile le pantin aux joues rouges. Un retour aux sources souhaité par Marie Rémond, à la direction de la compagnie depuis octobre et qui signe ici sa première adaptation et mise en scène. « Il s’agit d’une bouffonnerie traditionnelle de René Villeret, qui en 1930 créa la Société des amis de Lafleur avec Maurice Domon, détaille-t-elle. Je voulais que l’on puisse resituer le personnage, partir de la tradition pour ensuite aller plus loin, imaginer de nouvelles aventures et rencontres. » Lafleur, dont la première apparition au théâtre de la Plumette à Amiens remonterait à 1811, est aussi le vecteur d’une culture, de légendes, d’une langue, d’un artisanat, d’une histoire. Créé par le peuple pour le peuple, ce Robin des bois, ouvrier de Saint-Leu, jouit depuis deux siècles d’un fort capital sympathie. « Il défend les plus faibles, comme Popaul, son ami bègue, et Tchot Blaise, l’ado souffreteux », appuie Marie-Astrid Lalo, nouvelle voix de Sandrine depuis la retraite de sa sœur Françoise Rose-Auvet qui dirigea Chés Cabotans pendant près de cinquante ans.

 

LE REGARD TOURNÉ VERS LE FUTUR

Fier, Lafleur séduit aussi par son oisiveté, sa joie de vivre, sa ruse. « J’aime bien boère, bien matcher, pi ne rien foaire, c’est ma devise, s’amuse-t-il. Je me moque de tout, de l’ordre établi, je suis apolitique. Ma jambe raide (sa particularité, ndlr) me permet de rosser la maréchaussée pour le plaisir des enfants ! » Lui qui a su résister à l’invention du cinéma, aux guerres mondiales, aux jeux vidéo, lorgne plus que jamais vers le futur. Un avenir fait de liens. Avec le Musée de Picardie par exemple qui possède plus de 400 cabotans, dont un Lafleur de 1820, sculpté par Louis Belette. Avec ses cousines les marionnettes contemporaines développées par la compagnie Ches Panses Vertes. Et d’autres partenariats pour encourager la transmission de cet art séculaire... Lafleur est donc loin d’être fané !

//Coline Bergeon

 

Valet à louer ou sur un malentendu (dès 7 ans), le 22 décembre, à 19h, les 4, 5, 6, 7, 14, 21 et 28 janvier, à 15h, au théâtre Chés Cabotans d’Amiens – 03 22 22 30 90