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Septembre 1939, drôle de guerre

Il y a quatre-vingts ans débutait la drôle de guerre et ses huit mois sans offensive. Une période peu étudiée, y compris à Amiens, une ville qui pansait encore 14-18. 

Septembre 1939, drôle de guerre 1 © Collection privée
Le 2 septembre 1939, le pays bascule dans la guerre. L'ordre de mobilisation avait été décrété par le président Lebrun.
© Collection privée

25.09.2019

JDA 923

Parce qu’il y a eu mai 1940, les bombardements, l’évacuation, l’Occupation. Parce qu’il n’aura fallu que quelques jours de ce printemps pour anéantir le centre d’Amiens à 60 % et marquer la ville à tout jamais, on a fini par parler de la “Guerre de 40”, elle qui avait pourtant commencé huit mois plus tôt. Comme si l’ampleur de la défaite de l’armée française, balayée par l’offensive allemande, avait chassé des mémoires les semaines qui avaient précédé.

 

PAS D’ÉLAN PATRIOTIQUE

Le 3 septembre 1939, l’Allemagne venait d’envahir la Pologne et la Grande-Bretagne et la France lui déclaraient la guerre. À Amiens, la nouvelle, redoutée, était accueillie sans élan patriotique. La Grande Guerre était encore dans les têtes de cette ville qui retrouvait tout juste sa population d’avant 1914 : 93 700 habitants en 1936, année où était installée une sirène dans le beffroi. Les craintes étaient là. Le climat politique, lui, « délétère » selon l’historien Alain Trogneux. Clivé entre le maire Lucien Lecointe, un socialiste passé à droite, anti-communiste, et Jean Catelas, député communiste mis au ban après le Pacte de non-agression germano-soviétique. Le premier mourra durant l’exode de juin 1940. Un an plus tard, Vichy guillotinera le second entré en Résistance.

 

UNE EXPRESSION 
INVENTÉE PAR UN AMIÉNOIS

Septembre. Mobilisation. Les maris et les fils d’Amiens partent. Beaucoup se retrouvent sur la ligne Maginot. On s’attend à d’âpres combats. Mais rien. Pas de chasse à l’Allemand, plutôt à l’ennui. Hitler veut achever sa campagne en Pologne. Les Alliés ont besoin de temps pour renforcer leurs moyens militaires. C’est la drôle de guerre, expression d’un Amiénois : Roland Dorgelès (1885-1973), l’auteur des Croix de bois, né rue Vascosan (lire ici l'article du JDA #797). « Drôle dans le sens de bizarre, dira l’ancien poilu. Surtout aux yeux de ceux qui avaient fait la précédente. » À Amiens, les habitudes reprennent. On se promène. On va au cinéma : l’Excelsior rue de Noyon, le Caméo rue des Cordeliers. Ils seront détruits. Le Trianon laissera lui la place à la tour Perret.

Septembre 1939, drôle de guerre 2 © Collection privée

Roland Dorgelès (1885-1973) © Collection privée

 

GEORGES VI À AMIENS

En ville, on croise des soldats venus de tout l’Hexagone. Ceux massés dans les cinq casernes de la ville (Stengel, Friant, Gribeauval, Dejean et Boyeldieu). Les Anglais sont légion aussi. En décembre, c’est le plus connu d’entre eux, le roi Georges VI, qui vient à Amiens inspecter les troupes. « Il mange au Grand Salon Godbert, l’actuel Comédie de Picardie, avec Daladier, président du Conseil, et Lebrun, président de la République », rapporte Alain Trogneux. Le rationnement ne concernait pas tout le monde.

Septembre 1939, drôle de guerre 3 © Collection privée

Georges VI et Albert Lebrun © Collection privée

 

//Antoine Caux