Votre navigateur est obsolète!

Mettez à jour votre navigateur pour afficher correctement ce site Web. Mettre à jour maintenant

×

Au Frac Picardie, à l’artothèque de Caen ou encore chez des particuliers, les œuvres d’Olivier Michel embarquent dans leurs méandres de traits répétitifs et hypnotiques. 

Serial dessinateur  © Laurent Rousselin-Amiens Métropole
Jusqu’au 19 décembre, ce sont ses œuvres en PVC qui déboulent sur le Parcours d’art contemporain à la Maison de l’architecture.
© Laurent Rousselin-Amiens Métropole

05.12.2018

JDA 896

Ni peintre ni coloriste. Olivier Michel est dessinateur. Et ses couleurs sont celles du stylo Bic. Généralement bleu ou noir. Dans son atelier du centre-ville, l’Amiénois de 47 ans déballe ses séries protégées de papier bulles. Boucles, formes en “e” et points de croix, interminablement répétés dans des reproductions sérigraphiées, s’étalent jusqu’à saturation. Des tonnes de dessins qui se répondent : un travail obsessionnel, compulsif et sériel. « Je bégaie. Le principe de la série est une méthode pour ne pas abandonner. Tout est répétition constante. Je suis capable de reprendre un geste d’il y a vingt ans pour renouveler des propositions avec les outils d’aujourd’hui comme le numérique. »

 

AUX CÔTÉS DE MAGRITTE

Graphiste formé dans la pub à Roubaix, le Bourguignon débarque à Amiens à 25 ans et s’inscrit à la faculté des arts. Diplôme en poche, direction Le Safran. Pour animer des ateliers qui lui laissent du temps pour créer : « Le travail quotidien est fondamental même si parfois il ne se passe rien. Générer sa création est un besoin vital et une rigueur hérités de l’artiste Marie Lepetit ». Depuis 1998, expositions personnelles et collectives se succèdent frénétiquement : Paris, Bruxelles, Brighton, Palerme... Et les commandes publiques, comme celle pour l’hôtel de police à Beauvais, se multiplient. En 2006, une résidence au collectif Méduse à Québec donne vie à des séries en points de croix. En découle Abîme acquis par le Frac Picardie en 2008. Cette œuvre composée de 1 000 cadres est modulaire et combinatoire à l’infini, au sol comme aux murs.

 

UN PROJET EN CORÉE DU SUD

Ses liens tissés avec les galeries du Haut Pavé à Paris et Réjane Louin à Locquirec, en Bretagne, le font connaître des collectionneurs et des professionnels. En 2012, Drawing Now, le salon parisien du dessin contemporain, lui offre une grande lisibilité. « Le groupe Bic m’a acheté deux dessins pour sa collection d’art qui comprend des Boetti, César, Léger, Giacometti, Magritte, Closky, Favier... » Olivier Michel s’implique auprès de l’association Afdas et soutient la création : « L’art est générateur d’économie. Il faut se donner les moyens de parier dessus. À Amiens, rien n’est impossible. Il y a une identité autour du dessin à défendre entre l’Ésad, Waide Somme, le Frac, la BD... Et l’on est à une heure de Paris, dans un poumon vert totalement dingue ». Jusqu’au 19 décembre, ce sont ses œuvres en PVC qui déboulent sur le Parcours d’art contemporain (JDA #894) à la Maison de l’architecture (photo), au Centre Léo-Lagrange et à la bibliothèque Aragon. Au printemps, l’Amiénois exposera à Orléans avant de s’envoler vers Cheongju en Corée du Sud pour un projet avec le conservateur du Musée d’art moderne de Paris. Des déclinaisons jamais identiques, toujours hypnotiques.

//Ingrid Lemaire